Au terme d’une mission menée au Bénin du 27 octobre au 6 novembre 2026, dans le cadre des consultations annuelles, le Fonds monétaire international (FMI) a dressé un bilan positif de la situation économique du pays. La délégation, conduite par Sonali Das, a notamment salué la résilience de l’économie béninoise, portée par une croissance soutenue et des résultats budgétaires solides.
Durant son séjour, l’équipe du FMI a échangé avec plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de l’Économie et des Finances, Aristide Medenou, ainsi que les ministres chargés de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan, des Finances et de la Microfinance, Nicolas Yênoussi, du Budget et de la Fonction publique, Rodrigue Chaou, et de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette, Hugues Lokossou.
Les discussions ont également réuni le directeur national de la BCEAO, Emmanuel Assilamehoo, des responsables de l’administration, des représentants de la société civile et du secteur privé, des agriculteurs ainsi que des partenaires au développement.
À l’issue de ces échanges, la cheffe de mission, Sonali Das, a souligné la capacité de l’économie béninoise à résister aux différents chocs. En 2025, le produit intérieur brut (PIB) réel a progressé de 8,1 %, soit son meilleur niveau depuis près de vingt ans. Cette performance repose sur la bonne tenue de l’ensemble des secteurs d’activité. La dynamique s’est poursuivie au premier semestre 2026, avec une activité économique demeurée vigoureuse.
Le FMI prévoit toutefois un léger ralentissement de la croissance, à 7,8 % en 2026, puis autour de 7 % en 2027. Cette évolution s’expliquerait notamment par la répercussion progressive de la hausse des coûts du transport et des importations. L’institution estime par ailleurs que l’inflation restera maîtrisée et devrait atteindre la cible de 2 % en 2027.
À moyen terme, les perspectives demeurent favorables, selon Sonali Das. Elles reposent notamment sur les progrès réalisés dans la transformation de l’économie et l’accroissement de la valeur ajoutée locale des produits agricoles, ainsi que sur la poursuite des réformes engagées.
La cheffe de délégation a néanmoins attiré l’attention sur plusieurs risques susceptibles de peser sur cette trajectoire. Il s’agit notamment d’une hausse ou d’une plus grande volatilité des cours internationaux des matières premières, d’un durcissement des conditions financières mondiales, d’une fragmentation des échanges commerciaux et d’une dégradation de la situation sécuritaire dans la région. Les phénomènes climatiques extrêmes figurent également parmi les menaces identifiées.
À l’inverse, une meilleure performance des zones économiques spéciales, le renforcement de la coopération régionale et l’accélération des réformes structurelles pourraient favoriser l’investissement, les exportations et la création d’emplois.
Un déficit budgétaire sous le seuil communautaire
Sur le plan des finances publiques, le Bénin a également enregistré des résultats jugés solides. D’après les estimations du FMI, le déficit budgétaire global est passé de 2,5 % du PIB en 2024 à 2,3 % en 2025, grâce notamment à une forte mobilisation des recettes.
L’institution prévoit le maintien de ce niveau en 2026, avant une remontée à 2,9 % en 2027. Ces projections restent toutefois en dessous du plafond de 3 % fixé par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Pour 2028 et les années suivantes, les services du FMI préconisent la poursuite d’une politique budgétaire prudente. Ils invitent les autorités à préserver les dépenses sociales prioritaires et à maintenir un soutien suffisant, ciblé et adapté aux besoins des ménages les plus vulnérables.
Sonali Das a également insisté sur la nécessité de renforcer durablement la mobilisation des recettes intérieures afin de dégager des marges de manœuvre pour financer les priorités de développement. Dans cette perspective, le FMI recommande d’élargir l’assiette fiscale, de rationaliser les exonérations et les dépenses fiscales, de poursuivre la modernisation des administrations fiscale et douanière et d’améliorer le civisme fiscal.
La délégation a, par ailleurs, salué les initiatives des autorités béninoises en faveur d’une plus grande transparence dans la gestion des finances publiques et de la dette. Elle a notamment relevé la révision du cadre juridique national relatif à la gestion de la dette publique ainsi que la publication de données sur la dette retraitée, conformément aux normes internationales.
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