Bénin–Émirats : 2,15 milliards de dollars d’échanges, et maintenant un accord pour changer d’échelle

Abou Dhabi, 25 octobre 2026. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En quatre ans, le commerce non pétrolier entre le Bénin et les Émirats arabes unis a plus que doublé, passant de 1,01 milliard de dollars en 2021 à 2,15 milliards en 2025. Rien que l’an dernier, il a bondi de 65 %. Et la dynamique ne faiblit pas. 1,29 milliard de dollars sur le seul premier semestre 2026, en hausse de 37,4 % sur un an. C’est sur ce socle déjà solide que Romuald Wadagni et Cheikh Mohamed ben Zayed Al Nahyane ont assisté ce dimanche, à Abou Dhabi, à l’échange de l’Accord de partenariat économique global (CEPA) entre les deux pays.

Des barrières qui tombent

L’enjeu est concret. Une fois ratifié et entré en vigueur, l’accord réduira ou supprimera les droits de douane sur un large éventail de marchandises, éliminera les obstacles non nécessaires au commerce et ouvrira davantage les marchés aux prestataires de services et aux investisseurs. Pour les opérateurs économiques béninois, c’est un accès facilité à l’un des principaux carrefours commerciaux et logistiques du monde. Pour les investisseurs émiriens, c’est une porte d’entrée sécurisée vers une économie ouest-africaine en pleine transformation.

Les signataires ne s’y trompent pas. Côté émirien, le ministre du Commerce extérieur Thani Al Zeyoudi ; côté béninois, Olushegun Adjadi Bakari, dont le portefeuille réunit commerce extérieur, industrie et promotion de l’investissement privé. Autrement dit, l’accord est pensé comme un outil d’industrialisation et d’attraction des capitaux, pas seulement comme un texte douanier.

Un partenariat qui dépasse le commerce

Le CEPA n’est pas venu seul. Huit autres instruments ont été annoncés le même jour, dont un mémorandum sur un partenariat d’investissement stratégique, porté par le ministre émirien de l’Investissement et, côté béninois, par le ministre délégué chargé de la mobilisation des ressources extérieures et de la gestion de la dette. Le signal est clair, Cotonou cherche des financements, Abou Dhabi cherche des projets.

S’y ajoutent une lettre d’intention sur l’hébergement des données et les systèmes d’information, signée côté béninois par le ministre de la Transformation numérique chargé de la stratégie nationale d’intelligence artificielle, ainsi que des accords sur la main-d’œuvre, l’échange d’expériences gouvernementales, les consultations politiques et les affaires consulaires. Le partenariat couvre ainsi la finance, le numérique, le capital humain et la gouvernance.

Le pari de Wadagni

Pour Romuald Wadagni, ancien ministre de l’Économie et des Finances devenu chef de l’État, cette visite porte une signature claire : faire du Bénin une destination crédible pour les capitaux du Golfe. Le président béninois a affirmé la volonté de son pays d’atteindre les objectifs de l’accord, au service des intérêts communs et du développement durable des deux nations.

Côté émirien, le Bénin rejoint un réseau de partenariats bâti depuis septembre 2021, à travers lequel Abou Dhabi consolide sa position de plateforme mondiale du commerce, de l’investissement et de la logistique. Cheikh Mohamed ben Zayed y voit un cadre pour créer de nouvelles opportunités d’affaires et renforcer la résilience économique des deux peuples.

La suite : la ratification et la mise en œuvre

Reste désormais l’essentiel : la ratification, puis la traduction de l’accord en flux réels. Lignes tarifaires concernées, calendrier de démantèlement douanier, montants du partenariat d’investissement : ces détails détermineront si la croissance spectaculaire des échanges se transforme en création de valeur durable au Bénin. Mais une chose est acquise : avec ce CEPA, Cotonou et Abou Dhabi passent d’une relation commerciale dynamique à un partenariat économique structuré.

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