Bénin : la pauvreté devrait reculer à 34,5 % en 2028, selon la Banque mondiale

La pauvreté devrait progressivement reculer au Bénin au cours des prochaines années. Dans sa note d’information sur la pauvreté et l’équité, publiée le 9 octobre 2026, la Banque mondiale estime que le taux de pauvreté modérée, calculé sur la base du seuil international de 4,20 dollars par jour, est passé de 41,1 % en 2024 à 39,4 % en 2025. Il pourrait ensuite atteindre 36,8 % en 2027, puis 34,5 % en 2028.

Ces projections s’appuient notamment sur les perspectives de croissance du pays. La Banque mondiale table sur une progression moyenne de 7,6 % en 2027 et 2028, portée par les services, la construction, l’industrie manufacturière et l’agriculture. L’inflation devrait, quant à elle, se maintenir à 1,5 % sur la même période. Ces évolutions pourraient soutenir la consommation réelle des ménages.

Au-delà de ces projections, les données nationales révèlent une pauvreté qui reste élevée. Selon le seuil national, fixé à 287 715 FCFA par personne et par an, le taux de pauvreté est passé de 38,5 % en 2018-2019 à 36,2 % en 2021-2022. Environ 4,7 millions de personnes vivaient alors sous ce seuil.

Les écarts territoriaux restent importants. En milieu rural, le taux de pauvreté atteint 40,6 %, contre 30,8 % en milieu urbain, soit une différence de 9,8 points. Les disparités se retrouvent également entre les départements. L’Atacora affiche un taux de 53,1 %, tandis que celui de l’Ouémé s’établit à 16 %.

La Banque mondiale attribue principalement la baisse observée entre 2018-2019 et 2021-2022 à la progression de la consommation dans les zones rurales. L’agriculture a contribué à cette évolution, notamment parce que 52,9 % des ménages pauvres sont des producteurs nets de produits alimentaires. La hausse des prix alimentaires a ainsi pu soutenir les revenus de ces ménages.

À l’inverse, les ménages qui achètent plus de denrées qu’ils n’en produisent, particulièrement en milieu urbain, ont subi les effets de l’augmentation des prix sur leur pouvoir d’achat.

L’emploi informel et le climat, deux facteurs de vulnérabilité

La précarité reste une réalité du marché du travail. Selon la note, 96,3 % des emplois au Bénin relèvent du secteur informel et huit travailleurs sur dix exercent une activité indépendante dans des secteurs à faible productivité. Cette situation limite les possibilités d’amélioration durable des revenus pour une grande partie de la population.

Les déficits en matière de capital humain constituent une autre difficulté. La Banque mondiale indique que 36,5 % des enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance. Par ailleurs, 56 % des élèves en fin de primaire ne parviennent pas à lire un texte simple.

Les ménages restent également exposés aux fluctuations des prix agricoles et aux aléas climatiques. Les pluies irrégulières et les inondations peuvent fragiliser les revenus des familles qui dépendent de l’agriculture. L’instabilité régionale dans les pays voisins du Sahel représente un autre risque, notamment pour la sécurité alimentaire et les prix des denrées, avec des conséquences possibles sur les ménages urbains.

Les recommandations de la Banque mondiale

Pour consolider les progrès attendus, l’institution préconise une diversification des chaînes de valeur agricoles afin de réduire la dépendance des revenus aux fluctuations des prix. Elle recommande également de renforcer les services d’éducation et de nutrition pour améliorer les conditions de vie et les perspectives des enfants.

Le développement de la protection sociale figure aussi parmi les pistes avancées, afin de mieux soutenir les ménages confrontés aux chocs économiques et climatiques. La Banque mondiale appelle enfin à réduire les obstacles liés au genre qui limitent la participation au marché du travail.

Si les projections annoncent une baisse de la pauvreté modérée à l’horizon 2028, leur concrétisation dépendra de la capacité du Bénin à préserver la croissance, à améliorer la productivité et à protéger les ménages les plus vulnérables. Les disparités territoriales et les fragilités structurelles restent des enjeux majeurs pour transformer les performances économiques en amélioration durable des conditions de vie.

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