Le Bénin renforce sa politique de préférence nationale dans la commande publique. Une circulaire du ministre de l’Économie et des Finances, Aristide Médénou, datée du 4 septembre 2026, impose désormais aux administrations et autres entités publiques de privilégier les produits fabriqués localement dans huit grandes catégories.
La mesure concerne notamment les produits céréaliers et dérivés, les oléagineux, les boissons et eaux, les produits d’hygiène et d’entretien, les textiles et vêtements, le mobilier scolaire et administratif, les instruments culturels et musicaux ainsi que les matériaux de construction.
La liste comprend des produits comme le gari, le maïs, le fonio, le riz, les huiles locales, les jus de gingembre ou de bissap, les savons, les uniformes, le mobilier administratif, les instruments traditionnels, les briques et les pavés.
Les achats doivent être effectués auprès d’artisans, d’unités de production ou d’entreprises locales habilités. Les produits concernés doivent respecter les normes, les spécifications techniques et les exigences de qualité prévues par le Répertoire des prix de référence (RPR).
Les importations soumises à autorisation
La nouvelle directive s’applique à l’ensemble du processus d’acquisition, de l’expression du besoin jusqu’à la réception de la commande.
Une administration qui souhaite toutefois acheter un produit importé alors qu’une offre locale existe devra obtenir une autorisation préalable du ministre de l’Économie et des Finances.
Cette disposition place donc la production locale au cœur des achats publics et vise à renforcer les débouchés des entreprises et artisans béninois.
La circulaire n°213/MEF/DC/SGM/DNC/Sp-c s’inscrit dans la politique de promotion de la production locale. Elle s’appuie notamment sur le Code des marchés publics de 2020, les règles d’exécution du budget public et le cadre communautaire de l’UEMOA relatif à l’artisanat.
Publiée par l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) le 10 septembre, cette instruction pourrait ainsi faire de la commande publique un levier supplémentaire pour soutenir les producteurs béninois et réduire le recours aux importations.
