Porté par une dynamique économique soutenue sur la période 2016-2025, le Bénin a franchi un cap symbolique en dépassant le Nigeria en matière de PIB par habitant, selon les dernières données du Fonds monétaire international. Une performance notable pour un pays qui ne dispose ni de ressources pétrolières ni gazières significatives.
En 2025, le PIB par habitant du Bénin s’est établi à 1 635 dollars, contre 1 200 dollars pour son voisin nigérian. Ce basculement, amorcé dès 2024, s’inscrit dans un contexte de croissance soutenue, estimée à 6,1 % en moyenne sur la décennie, contre 1,3 % pour le Nigeria selon la Banque mondiale.
Cette progression repose sur une inflation maîtrisée, établie à 1,3 % sur la période, contrastant avec les niveaux élevés observés au Nigeria. Dans le même temps, la dépréciation du naira a contribué à fragiliser le pouvoir d’achat dans la première économie pétrolière du continent.
Au-delà des indicateurs macroéconomiques, cette évolution s’explique par des choix structurels opérés ces dernières années. Une politique de diversification économique, associée à un accent mis sur l’industrialisation et l’amélioration du climat des affaires, a été progressivement mise en œuvre.
L’implantation de la zone industrielle de Glo-Djigbé s’inscrit dans cette stratégie, avec pour objectif la transformation locale de produits agricoles tels que le coton, le cajou ou le soja. Ce modèle vise à accroître la valeur ajoutée et à générer des emplois, tout en réduisant la dépendance aux exportations de matières premières brutes.
Parallèlement, des efforts ont été engagés dans le développement du tourisme et le renforcement des infrastructures, notamment dans les secteurs de l’énergie et des services publics. Ces investissements ont contribué à améliorer l’environnement économique global et à soutenir la croissance.
Dans la région, d’autres économies comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Cameroun ont également enregistré des trajectoires similaires, caractérisées par une augmentation du PIB par habitant, indépendamment d’une forte dépendance aux hydrocarbures.

