Les États-Unis sont entrés à minuit, ce dimanche 1er février 2026, dans une situation de paralysie budgétaire partielle, communément appelée shutdown. Ce blocage, toutefois, pourrait être de courte durée, un vote étant attendu dès lundi au Congrès pour y mettre fin.
Survenant trois mois seulement après le plus long shutdown de l’histoire américaine, cette nouvelle crise budgétaire trouve son origine dans le refus des démocrates d’adopter le budget du ministère de la Sécurité intérieure (DHS) sans l’introduction de mesures de contrôle renforcées à l’encontre de la police de l’immigration (ICE). Cette exigence fait suite à de récents tirs mortels impliquant des agents fédéraux à Minneapolis, qui ont ravivé les tensions politiques autour des pratiques de l’ICE.
Quelques heures avant l’entrée en vigueur du blocage, le Sénat a néanmoins adopté un texte budgétaire qui ouvre la voie à une résolution rapide de la crise. La Chambre des représentants doit désormais se prononcer sur cette version amendée, avec un vote attendu en début de semaine.
Les conséquences immédiates du shutdown restent limitées. Le blocage pourrait ne durer qu’un week-end, sans entraîner de mise au chômage technique massive des fonctionnaires fédéraux. Dans une note transmise vendredi soir, le Bureau du budget de la Maison Blanche (OMB) a demandé aux ministères de préparer des plans de contingence, tout en exprimant l’espoir d’une interruption brève.
Le texte adopté au Sénat, par 71 voix contre 29, résulte d’un compromis entre l’administration Trump et plusieurs sénateurs démocrates. Ces derniers ont accepté de valider cinq des six volets budgétaires, tout en laissant en suspens celui concernant le DHS, qui fera l’objet de nouvelles négociations au cours des deux prochaines semaines.
La procédure législative impose toutefois un retour du texte à la Chambre des représentants, la version sénatoriale différant de celle initialement adoptée. Ce va-et-vient parlementaire conditionne l’adoption définitive du budget, avant sa promulgation par le président Donald Trump.
La crise s’est intensifiée après la mort d’Alex Pretti, tué à Minneapolis quelques jours après un autre décès similaire, celui de Renee Good, lors d’interventions d’agents fédéraux. Ces événements ont provoqué une vague d’indignation au sein de la classe politique.
Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a appelé à l’ouverture de négociations avec les républicains afin d’introduire des mesures « fortes et de bon sens » pour encadrer l’action de l’ICE. Il plaide notamment pour la fin des « patrouilles volantes » et l’interdiction du port de cagoules par les agents fédéraux.
Si la paralysie budgétaire est désormais effective, elle ne devrait pas atteindre l’ampleur du blocage d’octobre-novembre dernier, qui avait duré 43 jours et entraîné la mise au chômage technique de centaines de milliers de fonctionnaires. Un scénario que l’ensemble des acteurs politiques semble vouloir éviter cette fois-ci.
