Après la tomate, le maïs et la noix de cajou, le Burkina Faso poursuit sa marche vers la transformation locale des produits agricoles. Le 16 février, une mission de l’Agence pour la Promotion de l’Entrepreneuriat Communautaire (APEC), conduite par son directeur général Karim Traoré, s’est rendue à Banfora pour identifier le site devant accueillir la première unité de transformation de piment du pays.
Le projet, dont le coût est encore indicatif, devrait s’implanter sur un site d’environ 5 hectares dans la zone industrielle de Banfora. Un espace jugé minimal pour accueillir les infrastructures de transformation, les unités de stockage et les équipements nécessaires. Le montant définitif sera affiné après les études techniques, notamment sur la morphologie du terrain et la disponibilité de la nappe phréatique.
Conformément à la vision économique prônée par les autorités, le projet reposera sur un financement hybride public-privé. Les citoyens, en particulier les producteurs de piment et les forces vives de la région, sont appelés à mobiliser au moins 50 % du financement. L’État interviendra en complément via le Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES) « Tõogo ». « Dès que le seuil des 50 % sera atteint, les travaux pourront démarrer », a assuré Karim Traoré.
Le Burkina Faso est l’un des principaux producteurs de piment en Afrique de l’Ouest, avec une production estimée à 150 000 tonnes en 2022 par la FAO. Pourtant, les producteurs de la région des Cascades font face à des difficultés récurrentes d’écoulement du piment frais, exposé aux pertes post-récolte et aux fluctuations de prix.
Le choix du piment répond aux préoccupations exprimées en 2024 par les populations locales lors des échanges avec le chef de l’État, Ibrahim Traoré, à Banfora. La transformation industrielle (séchage, broyage, conditionnement, production de dérivés) permettra de stabiliser les revenus des producteurs, de réduire les pertes agricoles et de créer de la valeur ajoutée locale.
Au-delà de la filière piment, ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation locale des produits agricoles, visant à réduire la dépendance aux importations de produits transformés et à renforcer le tissu industriel national. Si le montage financier aboutit, l’usine de Banfora pourrait devenir un pôle agro-industriel structurant pour la région des Cascades.
