Aliko Dangote, fondateur et propriétaire de la raffinerie Dangote au Nigeria, a annoncé lundi 6 avril une augmentation des exportations d’essence et d’urée vers les pays africains. L’objectif est de contrer les hausses de prix provoquées par les perturbations énergétiques mondiales liées au conflit en Iran.
Depuis fin février, la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran paralyse le transit de 20 % du pétrole mondial. Le prix du baril de Brent a dépassé les 110 dollars, entraînant des hausses à la pompe dans plus de 95 pays. L’Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est subit de plein fouet cette escalade, avec des répercussions sur les transports et le coût de la vie.
Une stratégie basée sur les monnaies locales
Dangote a indiqué que sa raffinerie entend négocier directement des cargaisons en monnaies africaines pour réduire les intermédiaires et les surcoûts. « Ces derniers jours, nous nous sommes tournés principalement vers des pays africains, ce que nous ne faisions pas auparavant », a déclaré le milliardaire nigérian.
Outre l’essence, la raffinerie intensifie ses livraisons d’urée, un engrais dont les prix se sont envolés depuis le conflit iranien, le blocage du détroit d’Ormuz interrompant également les flux d’engrais du Golfe Persique.
Dangote affirme disposer de la capacité d’approvisionnement pour servir l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. « Ce que je peux faire, c’est assurer aux Nigérians et à la majeure partie de l’Afrique de l’Ouest, de l’Afrique centrale et de l’Afrique de l’Est une couverture fiable », a-t-il déclaré, sans préciser les volumes ni les nouveaux tarifs.
La raffinerie, entrée en activité en janvier 2023, produit environ 650 000 barils quotidiens. Son positionnement en tant que producteur régional autonome permet théoriquement au Nigeria de réduire sa dépendance aux importations et de stabiliser les prix continentaux. Le succès dépendra toutefois de la capacité de Dangote à maintenir des stocks réguliers face à la volatilité des marchés énergétiques.

