La Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) a annoncé la suspension provisoire de ses activités pour cause de « dégradation continue » de sa situation financière, rapporte RFI ce 7 février 2026.
Selon une note interne consultée par nos correspondants, cette pause concerne toutes les réunions administratives et missions officielles non essentielles prévues au budget 2026. Le président de la Commission, Balthazar Engonga, souligne qu’il s’agit d’une mesure de rigueur destinée à limiter les dépenses.
La crise est principalement liée au financement de l’institution, assuré par la taxe communautaire d’intégration (TCI), perçue sur les importations. Or, les États membres ne reversent pas systématiquement les montants collectés. Seul le Gabon a mis en place un mécanisme autonome de prélèvement, versant 10,5 milliards de francs CFA en 2025. Dans les autres pays, les flux restent insuffisants, avec moins de la moitié de la taxe recouvrée.
Pour Djimadoum Mandekor, économiste et ancien directeur à la BÉAC, cette situation n’est pas surprenante, certains fonctionnaires n’ayant pas été payés depuis deux mois.
Cette pause forcée pourrait retarder des projets régionaux, affecter la libre circulation et freiner l’intégration, même si les activités « hautement stratégiques » liées à la souveraineté monétaire et aux engagements internationaux seront maintenues.
