Conférence de l’OMC à Yaoundé : le commerce mondial en pleine tourmente

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Conférence OMC Yaoundé

C’est dans un contexte mondial très tendu que s’ouvre ce jeudi 26 mars à Yaoundé la 14e conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Guerre au Moyen-Orient autour des plus grandes sources d’énergie fossiles, conflit en Ukraine qui dure depuis quatre ans, nouveau mandat de Donald Trump… Autant de crises qui mettent sous pression une institution qui reste pourtant l’un des derniers cadres de dialogue international.

Réduire les obstacles au libre-échange, favoriser les échanges, l’objectif de l’OMC est connu. Mais cette réunion arrive à un moment critique pour le système commercial mondial, comme l’a rappelé le président du Conseil général de l’organisation.

Commerce électronique, concurrence sur les marchés agricoles, sécurité alimentaire menacée par la crise au Moyen-Orient… Les sujets ne manquent pas. Le Cameroun, pays hôte, a remis sur la table la question du coton et des subventions, un dossier qui avait disparu de l’agenda depuis près de dix ans.

L’enjeu principal reste toutefois la réforme de l’OMC, dont le fonctionnement est paralysé par la règle du consensus entre ses 166 membres. L’autre point bloquant est l’organe de règlement des différends, qui ne parvient plus à fonctionner.

Donald Trump a rebattu les cartes

Avec sa politique de droits de douane, Donald Trump a profondément bouleversé les règles du commerce mondial. Antoine Comont, spécialiste de l’OMC, explique au micro de RFI que les tarifs imposés par le président américain sont clairement incompatibles avec le droit de l’OMC et l’accord du Gatt qui l’a précédé. Les accords conclus entre les États-Unis et leurs partenaires commerciaux, comme l’Union européenne ou le Japon, pour modérer ces tarifs sont eux aussi contraires aux règles de l’OMC. Mais Donald Trump, dit-il, ne se soucie guère des règles internationales.

L’administration Trump bloque également la nomination de juges à l’organe de règlement des différends. Pourtant, fait remarquer le chercheur, elle a versé ses cotisations à l’OMC pour 2024 et 2025, contrairement à l’administration Biden qui avait cessé de payer. Un signe, selon lui, que les États-Unis ne sont pas prêts à quitter l’organisation et qu’ils n’excluent pas totalement qu’elle puisse encore produire des résultats, peut-être même lors de cette conférence de Yaoundé.

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