
C’est une décision majeure qui vient d’être actée par l’exécutif béninois. Le gouvernement a adopté une Stratégie nationale 2026-2030 ambitieuse pour lutter contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Ce document définit les orientations du pays face à l’évolution des menaces liées à la criminalité économique et financière.
Cette stratégie prend en compte plusieurs risques qui préoccupent les autorités nationales et sous-régionales. Il s’agit notamment de la progression de la menace terroriste, de l’intensification des flux financiers illicites, de la cybercriminalité et du poids de l’économie informelle. Elle intègre également les risques liés aux actifs virtuels et aux technologies financières, ainsi que les insuffisances relevées dans la supervision de certaines entreprises et professions non financières.
À travers ce nouveau cadre, le Bénin ambitionne de disposer, à l’horizon 2030, d’un système efficace de lutte contre la criminalité économique et financière, dans un environnement économique sûr et attractif.
Quatre axes stratégiques retenus
La stratégie repose sur quatre orientations majeures. La première porte sur la consolidation du cadre juridique et institutionnel ainsi que de la gouvernance. La deuxième vise à réduire les vulnérabilités structurelles et à renforcer la transparence économique et financière.
Le troisième axe concerne le renforcement des mécanismes de prévention, de réglementation et de supervision fondés sur les risques. Le quatrième prévoit une amélioration de l’efficacité opérationnelle du renseignement financier et de la répression.
Le document prévoit également un plan d’actions budgétisé, un dispositif institutionnel de mise en œuvre et un mécanisme de suivi-évaluation. Son application doit contribuer à améliorer la conformité technique et l’efficacité du système national, mais aussi à moderniser le cadre juridique et les sanctions.
Les structures nationales concernées
La mise en œuvre de cette stratégie doit notamment renforcer le Comité national de coordination des activités de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive.
La Cellule nationale de traitement des informations financières et l’Agence nationale de recouvrement des avoirs confisqués et saisis sont également concernées. Les autorités entendent par ailleurs améliorer la transparence sur les bénéficiaires effectifs, la supervision fondée sur les risques ainsi que les capacités d’enquête, de poursuite et de confiscation.
Compte tenu de l’importance de cette stratégie, le Conseil des ministres a instruit les ministres concernés de prendre les dispositions nécessaires à sa mise en œuvre, à son suivi et à son évaluation.
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