Gabon : des produits à prix réduits revendus plus cher, Oligui Nguema hausse le ton

Le ton était inhabituellement direct. Lors de son discours sur l’état de la Nation, prononcé le 15 juin dernier devant le Parlement réuni en Congrès à Libreville, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a vivement critiqué la gestion du dispositif public destiné à fournir des produits de première nécessité aux ménages les plus modestes.

Face aux dysfonctionnements de la centrale d’achats chargée de cet approvisionnement, le chef de l’État a pointé du doigt les pratiques de certains revendeurs. Selon lui, ces derniers profiteraient des produits vendus à prix réduits pour constituer des stocks et les revendre plus cher sur le marché.

Pour illustrer ce qu’il considère comme une incohérence dans les volumes distribués, Oligui Nguema a choisi un exemple tiré de la vie quotidienne. S’adressant directement au ministre chargé du secteur, il a déclaré : « Moi-même je suis un cordon-bleu, quand mes femmes sont fatiguées, je les remplace à la cuisine et j’assiste. Elles ne dépassent pas deux bidons d’huile ».

Une sortie qui tranche avec le registre habituel des discours institutionnels. Le président gabonais entendait ainsi mettre en évidence l’écart entre les quantités de produits censées répondre aux besoins d’un ménage et celles qui seraient accaparées par certains bénéficiaires.

Des volumes jugés incompatibles avec les besoins des ménages

À travers cette comparaison, le chef de l’État a notamment évoqué la distribution de volumes importants de produits de première nécessité. Il estime difficilement justifiable qu’un seul foyer puisse consommer, sur une période mensuelle, des quantités telles que 15 sacs de riz ou plusieurs bidons d’huile.

Derrière cette formule volontairement imagée, le président gabonais dénonce surtout un système qui pourrait détourner les aides publiques de leur objectif initial. Les produits subventionnés ou vendus à prix modérés doivent, selon cette logique, parvenir aux ménages qui en ont réellement besoin.

Le message adressé à l’exécutif apparaît donc sans ambiguïté. Pour Oligui Nguema, le mécanisme d’approvisionnement doit être mieux contrôlé afin d’empêcher les achats massifs et la revente spéculative.

La sortie présidentielle remet ainsi au premier plan la question de l’efficacité des politiques de soutien au pouvoir d’achat. Au-delà de l’anecdote autour de la cuisine, le chef de l’État demande que les dispositifs publics profitent effectivement aux Gabonais ciblés, plutôt qu’à des intermédiaires capables de tirer profit des écarts de prix.

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