Google passe à la vitesse supérieure dans sa stratégie africaine avec l’IA et le cloud. Le groupe américain a annoncé, mercredi 1er juillet à Johannesburg, la création d’un laboratoire d’intelligence artificielle appliquée à Accra, au Ghana. Ce virage stratégique traduit une nouvelle vision, selon laquelle l’Afrique n’est plus seulement un laboratoire d’expérimentation, mais un véritable marché pour les solutions d’intelligence artificielle.
Baptisé Google Africa Applied AI Lab, le centre sera installé au sein de l’AI Community Centre d’Accra. Il réunira des fondateurs de start-up africaines, des chercheurs de Google ainsi que des investisseurs. L’objectif affiché est de favoriser la création d’entreprises innovantes capables de transformer les avancées de l’IA en produits commercialisables. Les candidatures pour intégrer la première cohorte restent ouvertes jusqu’au 31 août 2026.
Cette annonce s’inscrit dans un investissement global du géant technologique sur le continent, qui dépasse désormais le milliard de dollars en cinq ans. Le programme est piloté par Google Research et le Google AI Futures Fund, en partenariat avec des acteurs du capital-risque.
Selon James Manyika, vice-président senior du groupe chargé de la recherche et de la technologie, l’Afrique représente un potentiel important dans le domaine de l’intelligence artificielle. Il affirme que Google entend accompagner les entrepreneurs africains dans la construction d’un écosystème compétitif à l’échelle mondiale.
Le choix du Ghana apparaît stratégique. Accra accueille déjà depuis 2019 le premier centre de recherche en IA de Google en Afrique. Ce site a travaillé sur des projets liés à la prévision des inondations, à la santé maternelle, à la sécurité alimentaire et au traitement des langues africaines. En 2025, le groupe a renforcé sa présence avec l’ouverture de l’AI Community Centre, soutenu par plusieurs dizaines de millions de dollars d’investissements.
Avec ce nouveau laboratoire, Google change de logique. L’entreprise ne se limite plus à la recherche scientifique. Elle ambitionne désormais d’accompagner directement la création de start-up et de licornes africaines, ces entreprises valorisées à plus d’un milliard de dollars.
Cette stratégie intervient dans un contexte de forte concurrence entre géants technologiques sur le continent. D’autres initiatives ont été annoncées en Afrique du Sud, notamment dans la connectivité et l’accompagnement de start-up.
En Afrique de l’Ouest, les attentes restent élevées. Le continent ne compte encore que quelques licornes, principalement dans la fintech. Le succès du laboratoire d’Accra pourrait déterminer la capacité de l’Afrique à s’imposer dans la nouvelle économie mondiale de l’intelligence artificielle.
