dimanche 4 janvier 2026

Ghana : John Mahama annonce la sortie progressive du programme du FMI

Au Ghana, le président John Mahama a annoncé le retrait de son pays du programme du Fonds monétaire international (FMI). Dans son allocution du Nouvel An, le chef de l’État a déclaré que le Ghana engage désormais sa séparation avec l’institution de Bretton Woods. A l’en croire, cette démarche se fera « avec dignité, non pas en suppliants mais en partenaires ».

Cette annonce prend une dimension stratégique dans un contexte économique exigeant pour le pays. Et pour cause, l’inflation, qui culminait à plus de 23 % fin 2024, devrait atteindre seulement 5 % fin 2025. Un retournement remarquable, surtout après une année de turbulence où le pays affrontait une crise économique sévère et une instabilité macroéconomique persistante.

La monnaie nationale, le cedi ghanéen, montre également des signes de reprise. Après une dépréciation d’environ 30 % en 2022, la devise a enregistré une appréciation estimée à près de 30 % face au dollar au premier semestre 2025. Cette évolution s’explique en grande partie par la bonne tenue des exportations d’or, qui ont atteint 10,31 milliards de dollars en 2024.

Dans son discours, John Mahama décrit une économie « en renaissance ». La croissance du produit intérieur brut atteint 5,5 % au troisième trimestre, portée par les secteurs des services, de l’agriculture, de la construction et de l’industrie manufacturière. Dans le même temps, les investisseurs, tant nationaux qu’étrangers, amorcent un retour progressif, signe d’une confiance qui se reconstruit lentement au sein des milieux d’affaires.

Ce redressement s’inscrit dans le cadre du programme de Facilité élargie de crédit de trois milliards de dollars obtenu auprès du FMI en mai 2023, après le défaut de paiement du Ghana sur sa dette extérieure en décembre 2022. Ce programme arrive à son terme en mai 2026. Entre-temps, les autorités ont procédé à la restructuration des euro-obligations et engagé des négociations avec les créanciers bilatéraux, dont la France, premier pays à conclure un accord en juillet 2025 pour un montant de 87,7 millions d’euros.

La dette publique suit une trajectoire baissière. Le ratio dette/PIB s’établit à 61,8 % fin 2024, contre 68,7 % un an plus tôt, avec une projection de 56,6 % pour 2025 selon le FMI. Toutefois, des fragilités persistent. Les recettes fiscales demeurent faibles, autour de 16 % du PIB, et le crédit au secteur privé reste limité. Autant de défis que le Ghana devra relever dans cette nouvelle phase post-FMI.

Suivez-nous sur Nasuba Infos via notre canal WhatsApp. Cliquez ici. 

Partager :

Plus d'actualités

Articles Populaires