Le Bénin poursuit sa montée en puissance sur le plan industriel. Selon l’Indice d’industrialisation en Afrique 2025 publié par la Banque africaine de développement, le pays occupe désormais la 24e place sur le continent avec un score de 0,5519 sur 1. Un classement honorable qui cache surtout une réalité plus significative, le Bénin figure parmi les pays africains ayant enregistré les plus fortes progressions industrielles entre 2010 et 2024.
Au sein de l’UEMOA, cette performance place le pays devant plusieurs voisins, notamment le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Togo. Seuls le Sénégal et la Côte d’Ivoire affichent des résultats supérieurs en Afrique de l’Ouest francophone.
Cette progression est largement attribuée à la montée en puissance de la Zone industrielle de Glo-Djigbé. Lancée sous la présidence de Patrice Talon, cette zone économique spéciale a été conçue pour transformer localement les matières premières béninoises, notamment le coton, l’anacarde, le soja et le karité. L’objectif consiste à réduire l’exportation de produits bruts et à accroître la valeur ajoutée créée sur le territoire national.
Les premiers résultats commencent à apparaître. En 2024, le secteur secondaire béninois a enregistré une croissance de près de 10 %, portée principalement par l’agro-industrie et les activités de construction liées au développement de la GDIZ. La part de l’industrie dans l’économie nationale a ainsi progressé de manière significative au cours de la dernière décennie.
Cette dynamique industrielle s’appuie également sur un environnement macroéconomique favorable. Le Bénin affiche l’une des croissances les plus élevées de l’UEMOA, avec une progression du PIB estimée à 6,4 % en 2024 et des perspectives encore plus favorables pour les années à venir. Le pays bénéficie aussi d’une inflation maîtrisée et d’un niveau d’endettement jugé soutenable par les institutions financières internationales.
Depuis son investiture, Romuald Wadagni a placé l’industrialisation parmi les priorités de son septennat. Son gouvernement entend poursuivre la transformation structurelle de l’économie afin de créer davantage d’emplois et de réduire la pauvreté.
Toutefois, plusieurs défis demeurent. Malgré cette progression, le Bénin reste encore loin des grandes puissances industrielles africaines comme le Maroc ou l’Afrique du Sud. Les exportations manufacturières à forte valeur ajoutée restent limitées et l’économie demeure fortement dépendante des produits agricoles.
L’Indice d’industrialisation 2025 confirme néanmoins une tendance de fond : le Bénin n’est plus seulement une économie de transit et de commerce. Le pays amorce progressivement sa transformation vers un modèle davantage orienté vers la production et la transformation industrielle, un chantier don’t les résultats seront particulièrement observés au cours des prochaines années.
