Le Parlement béninois valide la révision budgétaire 2026, cap sur l’investissement et la cohésion sociale

Les députés béninois ont voté ce jour le Projet de Loi de Finances Rectificative (PLFR) pour la gestion 2026, actant une révision substantielle du cadre budgétaire national. Le texte, présenté par le gouvernement issu du nouveau mandat présidentiel, porte les ressources totales de l’État à 4 148 milliards de FCFA, soit une hausse de 9,6 % par rapport à la Loi de Finances Initiale (LFI).

Un budget ancré dans trois nécessités

Le recours à une loi rectificative, encadré par les articles 50 et 51 de la LOLF n° 2013-14 du 27 septembre 2013, répondait cette année à une triple logique : l’installation du nouveau gouvernement issu du décret n° 2026-314 du 24 mai 2026, les nouvelles orientations budgétaires définies par le président réélu, et la réponse attendue à la demande sociale exprimée lors des élections générales 2026.

Une exécution budgétaire rassurante en toile de fond

La révision intervient dans un contexte macroéconomique jugé « stable » par l’exécutif. À fin mars 2026, 34,4 % des ressources annuelles avaient déjà été mobilisées, portées notamment par les émissions de Sukuk et d’Eurobonds sur les marchés financiers internationaux. Sur le plan des dépenses, le premier trimestre s’est soldé à 988 milliards de FCFA, soit 26,1 % des prévisions annuelles signe d’une discipline budgétaire préservée malgré les turbulences mondiales liées à la volatilité des matières premières et au conflit au Moyen-Orient.

Le taux de croissance reste stable, l’inflation se maintient autour de 2 %, et le déficit budgétaire demeure sous contrôle, bien que la pression fiscale soit appelée à se renforcer.

Investissement social : l’axe central de la rectification

La révision opère une redistribution claire au sein du budget. Les dépenses de personnel reculent de 9,8 % (−63 milliards) et les biens et services sont compressés de 5,8 % (−13 milliards), libérant des marges réorientées vers l’investissement, en hausse de près de 100 milliards de FCFA.

Quatre secteurs bénéficient en priorité de cet arbitrage :

* Éducation et social : gratuité scolaire pour les filles au secondaire, cantines scolaires, soins urgents, programme nutritionnel et prise en charge de la mendicité ;
* Agriculture et culture : subvention des intrants agricoles, promotion touristique et culturelle, et initiatives d’intelligence artificielle ;
* Sécurité intérieure : renforcement des équipements, déploiement de la vidéo-protection et accroissement des effectifs ;
* Infrastructures : cadre de vie, routes, logements et équipements sanitaires, avec une progression de 8,2 %.

Un signal budgétaire fort pour le gouvernement du Pdt Wadagni

En adoptant ce budget rectificatif, l’Assemblée nationale valide la feuille de route financière du nouveau gouvernement. Le texte incarne la volonté de l’exécutif de conjuguer rigueur budgétaire et ambition sociale, dans un environnement international incertain mais avec des fondamentaux domestiques solides.

La mise en œuvre effective des engagements pris notamment sur la gratuité scolaire et les investissements en infrastructures sera désormais au cœur des attentes des populations et de l’observation parlementaire.

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