samedi 7 février 2026

Mali : nouveau report dans le procès des marchés d’armes Paramount

Au Mali, la Chambre criminelle spécialisée de la Cour d’appel de Bamako a décidé, ce jeudi 6 février 2026, de reporter son délibéré dans l’affaire dite des marchés d’armes Paramount. Le magistrat Samba Tamboura a ordonné un supplément d’information dans le dossier Paramount–Embraer, renvoyant la reprise des audiences au 23 mars prochain.

Le président de la chambre a justifié cette décision par la nécessité de mener de nouvelles investigations. « Il s’agit de procéder à l’audition du procès-verbal du contrôleur général et d’écrire à la société Paramount afin d’obtenir son point de vue », a-t-il précisé, selon l’Agence malienne de presse (AMP). La juridiction entend ainsi réunir des éléments complémentaires avant de statuer définitivement sur ce dossier sensible.

Sur les dix-huit personnes poursuivies, huit ont bénéficié d’une liberté provisoire. Le juge Tamboura a précisé les modalités de cette décision. « Ceux qui font déjà l’objet d’une condamnation doivent rester, et tous les autres sont libres en attendant le 23 mars 2026, mais ils demeurent à la disposition de la justice », a-t-il déclaré. Les personnes concernées ont quitté la salle d’audience en fin d’après-midi.

Des figures de l’ancien régime mises en cause

Selon Jeune Afrique, le procès implique plusieurs anciens hauts responsables du régime de l’ex-président Ibrahim Boubacar Keïta. L’ancien Premier ministre Boubou Cissé, actuellement en exil, figure parmi les accusés absents. Le parquet a requis à son encontre la réclusion criminelle à perpétuité le 26 janvier dernier. Mamadou Igor Diarra, Tiéman Hubert Coulibaly et Babaly Bah encourent également la même peine.

Les prévenus sont poursuivis pour faux et usage de faux, atteinte aux biens publics, blanchiment de capitaux et complicité.

L’affaire porte sur l’acquisition de véhicules blindés auprès de la société sud-africaine Paramount LTD et d’aéronefs militaires auprès du constructeur brésilien Embraer. Les contrats avaient été conclus en octobre 2015, dans le cadre de la loi d’orientation et de programmation militaire.

Les autorités judiciaires dénoncent des surfacturations, des irrégularités procédurales et une gestion financière opaque des marchés. Selon les pièces du dossier, l’État malien aurait versé 11 milliards de francs CFA à Paramount. Les livraisons effectivement réalisées sont évaluées à environ 8 milliards de francs CFA et portent sur huit véhicules blindés, la réparation de deux avions et la formation de pilotes.

Un soldé de 3,7 milliards de francs CFA resterait dû par la société Paramount à l’État malien. Le contrat demeure, par ailleurs, bloqué depuis décembre 2019, sans résiliation formelle.

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