Niger-Bénin : le premier million de barils de brut exporté via Sèmè-Podji prend la mer

Le Niger a passé un nouveau cap dans l’exportation de son pétrole brut par le biais du Bénin. Le navire-citerne Ottoman Sincerity a quitté le terminal maritime de Sèmè-Podji le 14 août 2026 avec à son bord un million de barils de brut nigérien « Meleck », destinés au groupe algérien Sonatrach.

La cargaison a été vendue par la Société nigérienne du pétrole (Sonidep), dans le cadre d’un accord conclu avec Sonatrach le 22 juillet dernier. Cette opération constitue la première transaction commerciale réalisée conjointement par les deux compagnies depuis la signature de leur partenariat.

Pour sécuriser le déroulement de cette première livraison, une mission conjointe de la Sonidep et de Sonatrach a séjourné à Cotonou du 9 au 15 août. La délégation nigérienne était conduite par Salissou Zakary Maman Nour, directeur du Pipeline, du Raffinage et de la Pétrochimie.

Les représentants des deux sociétés ont inspecté plusieurs maillons de la chaîne d’exportation. Ils se sont notamment rendus à la station de pompage PS09, au terminal pétrolier de Sèmè-Kpodji et au siège de Wapco-Bénin.

Les échanges ont porté sur la coordination entre les différents acteurs, ainsi que sur les procédures administratives, logistiques et portuaires nécessaires à l’acheminement du brut jusqu’au navire.

Sèmè-Kpodji, pièce maîtresse des exportations nigériennes

Pour Niamey, l’enjeu dépasse cette première cargaison. Le terminal de Sèmè-Podji constitue aujourd’hui le débouché maritime du pétrole produit au champ d’Agadem, dans le sud-est du Niger.

Le brut est acheminé jusqu’à la côte béninoise par un oléoduc de près de 2 000 kilomètres, développé dans le cadre d’un projet porté par la China National Petroleum Corporation (CNPC) et exploité avec la West African Oil Pipeline Company (Wapco).

La fermeture de la frontière terrestre entre le Bénin et le Niger depuis 2023 avait fortement perturbé les échanges commerciaux entre les deux pays. Le fonctionnement du pipeline avait toutefois été maintenu, permettant au Niger de conserver son accès à la façade atlantique pour exporter sa production pétrolière.

Cette infrastructure est devenue stratégique pour Niamey, dont les ambitions pétrolières reposent désormais en grande partie sur sa capacité à écouler son brut vers les marchés internationaux.

Le site de Sèmè-Podji pourrait par ailleurs prendre une nouvelle dimension à terme. Un projet de port en eau profonde de plus de 1 000 hectares, porté depuis plusieurs années par le groupe Petrolin, prévoit d’y développer des activités pétrolières, minières et commerciales. Les autorités béninoises présentent cette infrastructure comme l’un des futurs relais du port de Cotonou face à l’augmentation attendue du trafic.

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