Le conflit entre le Niger et le groupe nucléaire français Orano connaît une nouvelle inflexion. Depuis la prise de pouvoir des militaires en 2023 et la nationalisation forcée de la Somaïr, filiale d’Orano, décrétée en juin dernier, une ouverture au dialogue a été évoquée par le directeur général du groupe, Nicolas Maes, vendredi 20 février, lors de la publication des résultats annuels.
Interrogé sur l’avenir d’Orano au Niger, Nicolas Maes a affirmé que « la meilleure solution pour le Niger pour nous et pour les mines, pour les salariés, c’est de trouver une solution négociée. » Il a toutefois reconnu qu’il y avait « peu de chances qu’Orano revienne au Niger » dans les mêmes conditions qu’avant. Mais, insiste-t-il, « il faut qu’on se mette autour d’une table pour discuter, parce qu’il y a beaucoup de façons d’envisager le sujet ».
Pour le dirigeant, les discussions doivent porter sur deux points essentiels. « On avait des droits (sur la production) et d’une certaine manière nos biens ont été pris », a-t-il fait savoir. Ensuite, « on pense qu’il y a besoin des compétences techniques d’Orano, de ses données, pour pouvoir redonner un futur à ces mines car ces mines méritent un futur ».
Nicolas Maes a estimé que dans les récentes déclarations du général Tiani, il y avait « peut-être le début d’ouverture d’une discussion ». Le chef de la junte s’est dit prêt à « envoyer » à la France sa part sur l’uranium trouvé à l’arrivée des militaires sur le site de la Somaïr, soit une centaine de tonnes. Mais « tout ce qui a été produit par la suite est nigérien et restera nigérien », a-t-il martelé.
Cette quantité correspond, selon Orano, « aux volumes qui devaient être en stock à la mine le jour du coup d’État », le 26 juillet 2023. Or la mine a continué de produire par la suite. Le groupe, qui s’estime dépossédé, a engagé quatre procédures d’arbitrage. L’une a donné lieu à une décision en sa faveur qui interdit au gouvernement nigérien de toucher aux stocks. Selon l’entreprise, ces stocks représentent une valeur marchande de 300 millions d’euros.
Malgré les tensions, Orano semble vouloir maintenir un canal de dialogue, conscient des enjeux techniques et économiques pour l’avenir des mines. Reste à savoir si la junte acceptera de s’asseoir à la table des négociations.
