La plateforme chinoise de commerce en ligne Temu est dans le viseur des autorités nigérianes. La Commission nationale de Protection des données (NDPC) a annoncé mardi 17 février l’ouverture d’une enquête sur les pratiques du site, soupçonné de possibles violations de la loi nigériane sur la protection de la vie privée.
Selon le régulateur, Temu « traite les informations personnelles d’environ 12,7 millions de personnes au Nigeria », sur un total de 70 millions d’utilisateurs actifs quotidiens dans le monde. Une masse de données qui suscite des « préoccupations liées à la surveillance en ligne, à l’obligation de rendre des comptes, au principe de minimisation des données, à la transparence, au devoir de diligence et aux transferts transfrontaliers », énumère la NDPC.
Depuis son lancement, Temu connaît une expansion fulgurante grâce à ses prix très agressifs. Mais la plateforme est régulièrement épinglée pour la gestion opaque des données personnelles de ses clients, une critique qui traverse les frontières.
Dans son communiqué, le commissaire national et directeur général de la NDPC, Vincent Olatunji, précise que l’enquête vise à déterminer si les pratiques de Temu « enfreignent la loi nigériane sur la protection des données (NDP Act) », qui exige que le traitement des données personnelles garantisse leur protection. Il avertit également que les sous-traitants impliqués dans la chaîne de traitement pourraient être tenus pour responsables s’ils n’ont pas « vérifié leur conformité » à la loi.
La NDPC n’a pas communiqué le calendrier de l’enquête ni les éventuelles sanctions encourues par la plateforme en cas de manquement avéré. Une chose est sûre, le Nigeria, premier marché d’Afrique de l’Ouest, entend faire respecter sa législation sur les données personnelles, au moment où les géants du numérique sont de plus en plus scrutés.
