Alors que le Sénégal fait face à des tensions avec les agences de notation, la Côte d’Ivoire enregistre un signal positif sur les marchés financiers internationaux. Fitch Ratings a relevé la note de défaut émetteur à long terme en devises étrangères du pays, qui passe de « BB- » à « BB », assortie d’une perspective stable.
Dans son analyse, consultée par un média international, l’agence américaine met en avant plusieurs facteurs favorables. Le premier concerne le climat politique. Fitch estime que l’incertitude liée à l’élection présidentielle s’est dissipée. Le scrutin s’est déroulé avec des troubles limités, ce qui traduit, selon l’agence, une rupture avec les crises électorales violentes qui ont marqué le passé du pays.
La confirmation de la réélection du président Alassane Ouattara pour un nouveau mandat de cinq ans renforce cette lecture. Fitch souligne également l’engagement des autorités ivoiriennes envers le programme de réformes soutenu par le Fonds monétaire international, ainsi que la mise en œuvre du Plan national de développement 2026-2030. Ces éléments assurent, selon l’agence, une continuité dans la conduite des politiques macroéconomiques et budgétaires.
La performance économique constitue un autre pilier de cette révision à la hausse. Fitch anticipe une croissance du produit intérieur brut réel de 6,4 % en 2025, de 6,5 % en 2026 et de 6,6 % en 2027. Ces projections dépassent largement la médiane des pays notés « BB », comprise entre 3,5 % et 3,9 % sur la même période.
Le secteur minier devrait rester un moteur important de l’économie, avec un rythme de croissance estimé à au moins 6,7 % par an au-delà de 2027. Les développements attendus dans les secteurs pétrolier et aurifère renforcent également les perspectives à moyen terme.
Fitch anticipe par ailleurs une baisse progressive de la dette publique. Le ratio dette-PIB devrait atteindre 58,2 % en 2025, contre 59,5 % en 2024, puis reculer à 56,1 % en 2027. Cette évolution rapproche le pays de la médiane des États notés « BB ». Le déficit budgétaire devrait se stabiliser autour de 3 % en 2025, soutenu par une meilleure mobilisation des recettes fiscales.
L’agence relève toutefois certaines fragilités. Le revenu par habitant demeure faible, les recettes publiques restent limitées et le niveau de la dette demeure élevé au regard du stade de développement du pays. Malgré ces réserves, Fitch considère que la trajectoire économique ivoirienne renforce la crédibilité financière de l’État sur les marchés internationaux.
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