Alors que son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s’envolait dimanche 15 février pour un second round de négociations à Genève avec les États-Unis, l’Iran a dévoilé une stratégie inédite, fondée sur la proposition de contrats économiques attractifs à Washington afin de faciliter un accord sur le nucléaire et d’éviter une escalade militaire.
Pour la première fois, Téhéran assortit ses ouvertures diplomatiques d’incitations économiques concrètes. Selon des responsables iraniens cités par l’agence Fars, le paquet proposé inclut des contrats avec des compagnies américaines dans les secteurs pétrolier, gazier et minier, ainsi que l’achat d’avions commerciaux.
« Lors de l’accord nucléaire de 2015, les États-Unis n’ont tiré aucun bénéfice. Cette fois-ci, nous leur proposons des contrats avec des bénéfices immédiants et non à long terme », a expliqué le vice-ministre des Affaires étrangères chargé des questions économiques.
« Pour assurer la pérennité d’un accord, il est essentiel que les États-Unis bénéficient également dans des domaines à rendement économique élevé et rapide », a insisté Hamid Ghanbari, directeur adjoint de la diplomatie économique sur cette nouvelle approche.
Sur le dossier nucléaire, l’Iran se dit prêt à des compromis, avec une baisse du niveau d’enrichissement de l’uranium et une dilution des stocks enrichis à 60 %. En revanche, Téhéran refuse toujours catégoriquement de négocier sur son programme balistique, comme le réclament Washington et Israël.
« C’est à l’Amérique de prouver qu’elle veut conclure un accord. S’ils sont sincères, je suis sûr que nous serons sur la voie d’un accord », a déclaré Majid Takht-Ravanchi, vice-ministre des Affaires étrangères à la BBC.
De son côté, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a durci le ton. Devant la Conférence des présidents d’organisations juives américaines, il a exigé « le démantèlement » de la capacité d’enrichissement d’uranium de l’Iran et le départ de tout matériel enrichi du territoire. Il a également réclamé l’inclusion du programme balistique et des groupes armés soutenus par Téhéran dans tout accord, ainsi que des inspections « substantielles » et sans préavis.
Dans un tout autre registre, Reza Pahlavi, fils du chah déchu, a multiplié les appels sur la chaîne Fox News pour une intervention militaire « urgente » des États-Unis en Iran, se présentant comme un potentiel « dirigeant de transition » pour une « opposition démocratique et laïque ».
