Les récentes saisies de millions de dollars en espèces à l’aéroport de N’djili et dans une chambre d’hôtel de Kinshasa ont suscité de vives interrogations sur le contrôle des flux financiers et des soupçons de détournements de fonds. Face à la polémique, le gouverneur de la Banque centrale de la République démocratique du Congo (BCC), André Wameso, a livré des explications lors d’une conférence de presse le 9 avril 2026.
Mi-mars, un comptable d’une institution politique a retiré plusieurs millions de dollars en espèces avant de payer un prestataire en cash. C’est cet argent que tout le monde a vu étalé sur un lit dans des images devenues virales, selon André Wameso. « L’enquête de la Banque centrale s’arrête là. Les faits ont été établis, les enquêtes sont maintenant entre les mains d’autres services pour s’assurer de la régularité ou non de ce paiement en dehors de la banque », a-t-il expliqué.
4 millions de dollars saisis à l’aéroport
Autre dossier : celui des près de 4 millions de dollars saisis à l’aéroport de N’djili. Il s’agit de fonds destinés à une agence de transfert d’argent pour sa succursale dans l’Est du pays. Mais le montant saisi dépasse celui déclaré à la Banque centrale. « Les enquêtes sont en cours pour déterminer la responsabilité, les pénalités et les sanctions éventuelles par rapport aux règles qui n’ont pas été respectées », a poursuivi le gouverneur.
En conséquence, la Banque centrale interdit désormais aux banques commerciales d’importer de l’argent liquide de l’étranger d’ici 2027. L’objectif est de « favoriser les paiements digitaux et la traçabilité de tous les paiements qui se font en devises étrangères sur le territoire national et aussi éviter la fuite des capitaux ». Une décision qui suscite déjà des réserves dans le secteur bancaire, certains redoutant les effets d’un monopole mal maîtrisé.
Enfin, la Banque centrale a annoncé que les transactions en espèces en devises étrangères seront interdites à partir du 9 avril 2027. « À partir de cette date, aucune personne, physique ou morale, ne sera plus autorisée à effectuer des transactions en espèces en monnaies étrangères », précise un communiqué de la BCC, signé par son gouverneur.
Une mesure qui vise à lutter contre la dollarisation de l’économie congolaise, où le billet vert s’est largement substitué à une monnaie locale fragile.

