Le Sénégal renforce sa stratégie énergétique avec une campagne d’exploration pétrolière et gazière terrestre de 100 millions de dollars (environ 55 milliards FCFA), conduite par la compagnie nationale Petrosen. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de durcissement réglementaire, avec la révocation de licences détenues par des opérateurs jugés inactifs, afin de renforcer le contrôle national sur les ressources et de diversifier les sources de production.
Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Birame Souleye Diop, a notamment cité le retrait de permis à Oranto, dont les engagements de forage et d’études sismiques n’avaient pas été respectés. Cette offensive terrestre complète les succès sénégalais en offshore, avec le champ gazier Greater Tortue Ahmeyim (GTA) de BP qui a commencé ses premières exportations de GNL début 2025, tandis que le projet pétrolier Sangomar, opéré par Woodside Energy, a lancé sa production en 2024. Le Sénégal dispose de réserves prouvées estimées à 1,03 milliard de barils de pétrole et 450 milliards de pieds cubes de gaz naturel.
La stratégie énergétique sénégalaise s’affirme également sur le plan national. Le projet Yakaar-Teranga illustre la volonté de Dakar de prioriser l’usage domestique du gaz pour l’alimentation du réseau électrique, tandis que Kosmos Energy a porté sa participation dans le projet à 90 % après le retrait partiel de BP.
En misant désormais sur l’onshore et l’offshore, le Sénégal vise à créer un cycle d’investissements soutenu, à accroître sa production et à renforcer son indépendance énergétique. Pour Petrosen, l’objectif est de maximiser les retombées économiques nationales et de consolider la position du pays sur l’échiquier énergétique africain.
