Le dossier de l’uranium accentue les tensions entre Paris et Niamey. Le groupe français Orano, acteur historique de l’exploitation du minerai au Niger, a annoncé son intention d’engager des poursuites judiciaires contre l’État nigérien ainsi que contre tout acheteur potentiel d’uranium issu de la mine de la Société des mines de l’Aïr (SOMAIR), récemment passée sous contrôle public.
Cette mise en garde a été formulée le 21 janvier devant le Sénat français par Claude Imauven, président du conseil d’administration d’Orano. En cause, près de 1 000 tonnes d’uranium, estimées à environ 350 millions de dollars, extraites par la SOMAIR, coentreprise dans laquelle Orano détenait une participation avant la nationalisation décidée par les autorités nigériennes.
Selon le groupe français, une partie de ces stocks aurait déjà quitté le site minier pour être acheminée vers Niamey, sans communication officielle sur leur destination finale ni sur les conditions de leur éventuelle mise sur le marché. Orano dénonce une absence totale de transparence et considère cette situation comme une violation de ses droits de copropriété.
« L’agent de pouvoir nous a expropriés. Nous préserverons nos droits par tous les moyens », a déclaré Claude Imauven devant les sénateurs français. Il a précisé que les actions judiciaires envisagées viseraient « l’État nigérien, mais aussi toute entité extérieure susceptible de prendre des intérêts sur ce que nous considérons comme notre propriété en partie ». Par cette déclaration, Orano cherche à dissuader d’éventuels partenaires internationaux de s’approvisionner en uranium issu des actifs nationalisés.
Face à ces menaces, les autorités nigériennes affichent une ligne ferme. Fin novembre 2025, le président de la transition, le général Abdourahamane Tiani, a affirmé que le Niger disposerait de manière souveraine de ses ressources naturelles et assurerait librement leur commercialisation sur les marchés internationaux. Cette déclaration s’inscrit dans une politique de rupture avec les anciens accords jugés déséquilibrés.
Lors d’un déplacement dans la région d’Agadez, le chef de l’État nigérien a officialisé le passage sous contrôle public de plusieurs entreprises minières actives dans l’uranium et l’or. Sur le site de la SOMAIR, il a assuré aux employés que l’État garantirait la continuité de l’exploitation et la sécurisation des emplois, tout en faisant de l’uranium un pilier du redressement économique.
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