Alors que les groupes djihadistes étendent leur emprise dans le Sahel, les États-Unis annoncent vouloir durcir leur position sécuritaire en Afrique de l’Ouest. Devant le Comité des services armés du Sénat, de hauts responsables militaires américains ont dressé un constat alarmant de la situation sécuritaire.
Selon le général Dagvin Anderson, commandant du United States Africa Command, le centre de gravité du terrorisme mondial a basculé en Afrique, sous l’effet de la progression de l’État islamique et d’Al-Qaïda.
D’après lui,, les groupes armés actifs en Afrique de l’Ouest, notamment la branche locale d’Al-Qaïda connue sous le nom de JNIM, ont renforcé leur capacité d’action et leur contrôle de certaines zones stratégiques, en particulier dans la bande sahélienne.
Il a également évoqué la possibilité théorique d’une prise de capitale par des groupes armés, ce qui leur offrirait, selon ses termes, des moyens proches de ceux d’un État pour soutenir des activités terroristes à l’échelle internationale.
Une coopération renforcée avec le Nigeria
Dans son intervention, le général Anderson a salué l’évolution de la coopération sécuritaire entre Washington et le Nigeria, considéré comme un partenaire clé dans la lutte contre les groupes extrémistes dans la région.
Il a évoqué un meilleur partage de renseignements et une coordination accrue des opérations militaires, notamment après des frappes américaines ciblant des groupes affiliés à l’État islamique.
Cette coopération se déroule dans un climat fragile. L’armée nigériane, accusée de multiples bavures ayant tué des civils lors de frappes anti-djihadistes, vient encore d’être épinglée par des ONG après une opération dans le nord du pays. Les militaires nient avoir visé des populations civiles.
Du côté américain, on s’inquiète également de l’érosion des moyens de l’AFRICOM. Réduction des effectifs militaires, baisse du renseignement. Ce double constat conduit les responsables à parler d’un « vide informationnel » préoccupant. Selon eux, cette situation réduit considérablement la réactivité face aux menaces sécuritaires dans la région.
Si Washington affiche sa volonté de rétablir des relations plus étroites avec les pays du Sahel, certains analystes estiment que ces initiatives pourraient également répondre à des enjeux économiques et stratégiques, notamment liés à l’accès aux ressources naturelles de la région.
