La pression s’accentue à Washington autour de la gestion des dossiers liés à Jeffrey Epstein. La Commission de surveillance de la Chambre des représentants a assigné, mardi 18 mars, la ministre de la Justice Pam Bondi à comparaître dans le cadre d’une enquête sur le traitement de ces documents sensibles.
La responsible doit être entendue à huis clos le 14 avril, lors d’une déposition formelle destinée à éclaircir le rôle du ministère dans la collecte, l’examen et la divulgation des éléments liés à l’affaire.
Au cœur des interrogations figure le respect d’une loi qui impose la transparence sur les dossiers Epstein. Dans une lettre adressée à la ministre, le président républicain de la commission, James Comer, a évoqué des préoccupations quant à la manière dont ces documents ont été traités et rendus publics. Ce dernier estime que la ministre disposait d’« informations précieuses » sur le sujet.
Depuis la mort en prison de Jeffrey Epstein en 2019, l’affaire qui porte son nom n’a cessé d’être entourée de mystère et reste politiquement inflammable. Des voix s’élèvent des deux côtés de l’échiquier politique pour dénoncer l’opacité qui entoure le dossier, seule une fraction des millions de pages de documents aux mains de la justice ayant été divulguée.
Selon plusieurs analyses, environ la moitié des archives aurait été divulguée, tandis que des dizaines de milliers de documents restent inaccessibles, notamment en raison de leur contenu sensible ou pour protéger l’identité des victimes. Des inquiétudes ont également été exprimées concernant des pièces potentiellement manquantes, dont certaines vidéos qui auraient dû être transmises dans le cadre des obligations légales.
À l’initiative de la procédure, la députée républicaine Nancy Mace accuse le ministère de dissimuler des informations et appelle à davantage de clarté. Si des réunions d’information à huis clos sont prévues avec les responsables du ministère, les élus maintiennent la nécessité d’une audition formelle. L’enquête parlementaire pourrait relancer un dossier qui continue d’alimenter les controverses aux États-Unis.

