En Afrique du Sud, l’affaire « Farmgate » continue de fragiliser politiquement le président Cyril Ramaphosa. Le Parlement sud-africain a fixé à lundi la première réunion d’une commission chargée d’examiner les accusations liées à ce scandale qui secoue le pouvoir depuis plusieurs années.
La procédure de destitution du chef de l’État connaît un nouveau rebondissement. Celle-ci a été relancée après qu’une récente décision de la Cour constitutionnelle a rouvert le dossier. L’affaire constitue l’un des plus importants embarras politiques du mandat de Cyril Ramaphosa.
Le scandale remonte à 2020, après le vol de fortes sommes d’argent dissimulées dans un canapé de la ferme privée du président. Cette découverte avait soulevé de nombreuses interrogations sur l’origine des fonds ainsi que sur les raisons pour lesquelles cet argent était conservé dans une résidence privée.
Le président sud-africain a toujours rejeté toute accusation de faute ou d’irrégularité dans ce dossier.
La commission parlementaire comptera 31 membres et devra dans un premier temps élire son président. Le parti Alliance démocratique (DA), deuxième force politique du pays et partenaire de coalition de l’African National Congress (ANC), souhaite que la direction de cette commission ne revienne pas à un membre du parti présidentiel.
Malgré sa participation au gouvernement de coalition, la DA maintient une position critique envers Cyril Ramaphosa et affirme vouloir le tenir responsable si des actes répréhensibles venaient à être établis.
Mardi, le président sud-africain a déposé un recours contre les conclusions d’une commission indépendante ayant évoqué l’existence d’éléments préliminaires de faute à son encontre. Cette démarche judiciaire pourrait ralentir la procédure parlementaire.
Cyril Ramaphosa a également laissé entendre qu’il pourrait saisir la justice en urgence afin de suspendre toute tentative de destitution tant que son recours reste en examen.
Toutefois, plusieurs observateurs estiment qu’une éventuelle destitution demeure politiquement difficile. L’ANC conserve environ 40 % des sièges au Parlement, un poids suffisant pour compliquer l’obtention de la majorité des deux tiers nécessaires pour écarter le président du pouvoir.
