Afrique du Sud : les violences xénophobes au cœur de la visite de William Ruto à Pretoria

En visite d’État en Afrique du Sud, le président kényan William Ruto a exprimé ses préoccupations face à la recrudescence des violences contre les ressortissants étrangers dans le pays. Reçu jeudi à Pretoria par son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa, le chef de l’État kényan a profité de cette rencontre pour aborder une question devenue particulièrement sensible dans la région.

Cette visite a d’abord servi de cadre à la signature de plusieurs accords de coopération entre Nairobi et Pretoria dans des domaines variés tels que l’économie, les nouvelles technologies, la culture et le commerce. Les deux présidents ont également réaffirmé leur volonté de renforcer les relations bilatérales et de promouvoir une position africaine commune face aux défis géopolitiques actuels.

Mais les récentes manifestations anti-immigration observées en Afrique du Sud se sont rapidement invitées au cœur des échanges. Ces dernières semaines, plusieurs incidents violents ont visé des ressortissants étrangers vivant dans le pays, ce qui a suscité l’inquiétude de nombreux gouvernements africains.

Sans attaquer directement les autorités sud-africaines, William Ruto a préféré mettre l’accent sur les causes profondes des migrations intra-africaines. Selon lui, l’attractivité économique de l’Afrique du Sud explique en partie les mouvements de populations observés sur le continent.

Le président kényan a estimé que la meilleure réponse consistait à créer davantage d’opportunités économiques dans l’ensemble des pays africains afin de réduire les déséquilibres qui poussent de nombreux citoyens à chercher un avenir ailleurs. Il a plaidé pour un développement plus harmonieux du continent, capable d’offrir des perspectives à sa jeunesse sans générer de tensions entre populations.

Les inquiétudes demeurent toutefois importantes. Le week-end dernier, au moins deux ressortissants mozambicains ont perdu la vie lors d’incidents liés à ces mouvements hostiles aux étrangers. Plusieurs pays africains ont également annoncé des mesures pour protéger leurs citoyens. Des centaines de Ghanéens auraient déjà quitté l’Afrique du Sud, tandis que le Nigeria et le Malawi ont engagé des opérations de rapatriement pour certains de leurs ressortissants.

Face à ces critiques, Cyril Ramaphosa a tenu à défendre son pays. Le président sud-africain a affirmé que les Sud-Africains ne sont pas xénophobes, tout en reconnaissant l’existence de préoccupations liées à la gestion des flux migratoires.

Le chef de l’État a par ailleurs annoncé l’envoi prochain de délégations dans plusieurs pays voisins afin d’engager des discussions sur la question migratoire. Une initiative qui vise à apaiser les tensions et à favoriser une réponse concertée à un phénomène qui touche désormais une grande partie du continent africain.

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