mercredi 7 janvier 2026

Algérie : un maire emprisonné suite à une décision qui fait le buzz

Dans plusieurs pays du Maghreb, des décisions locales provoquent souvent des réactions instantanées et entraînent des ajustements rapides sous la pression de l’opinion publique ou des autorités centrales. L’incident à Telagh, dans le sud de la wilaya de Sidi Bel Abbès, montre ce conflit récurrent entre pouvoir communal et cadre institutionnel.

Le président de l’Assemblée populaire communale de Telagh se trouve aujourd’hui au cœur d’une procédure judiciaire aux conséquences lourdes. L’élu a été placé en détention provisoire après sa comparution devant la juridiction compétente, à la suite d’un arrêté municipal signé début décembre 2025 et largement relayé sur les réseaux sociaux, selon des informations rapportées par Algeriezoom.

Par cette décision, le maire interdisait aux commerçants et aux pâtisseries de la commune la vente de certaines pâtisseries de fin d’année, notamment la bûche associée aux célébrations du Nouvel An. La mesure, inhabituelle pour une autorité municipale, a rapidement dépassé le cadre local pour susciter incompréhension, indignation et débats à l’échelle nationale.

Au-delà de la portée symbolique de l’interdiction, les critiques ont surtout porté sur ses fondements juridiques. De nombreux observateurs ont rappelé que la réglementation des pratiques commerciales et alimentaires ne relève pas exclusivement des compétences d’un maire, en l’absence de justification sanitaire ou sécuritaire clairement établie. Cette fragilité juridique a placé l’élu sous l’attention des autorités administratives et judiciaires.

Face à l’ampleur de la polémique, le maire, en poste depuis mars 2023, a tenté de revenir sur sa décision. À la veille du Nouvel An, un second arrêté a formellement annulé l’interdiction et demandé aux forces de sécurité ainsi qu’aux services de contrôle de ne plus en assurer l’application.

Ce revirement n’a toutefois pas suffi à éteindre l’affaire. Selon le quotidien El Khabar, la justice a retenu plusieurs chefs d’accusation, dont abus de fonction, incitation à la haine et au racisme, ainsi que diffusion d’une décision administrative par voie numérique sans validation de l’autorité de tutelle.

Pour l’appareil judiciaire, l’arrêté initial ne relèverait pas d’une simple maladresse administrative. Il aurait pu porter atteinte aux principes de neutralité de l’administration et d’égalité des citoyens devant le service public. La publication de la mesure sans encadrement hiérarchique a également été considérée comme un élément aggravant dans ce dossier désormais emblématique des limites de l’action municipale en Algérie.

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