Autriche : vers une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 14 ans

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Gabon, réseaux sociaux

Le gouvernement autrichien a annoncé son intention d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux plus jeunes. La nouvelle loi, qui pourrait être présentée cet été, vise à entrer en vigueur le plus rapidement possible. Selon le vice-chancelier social-démocrate Andreas Babler, il est « presque impossible pour les parents de contrôler la consommation de leurs enfants » sur des plateformes qui sont « faites pour les rendre sciemment dépendants ».

Le texte ne dressera pas une liste exhaustive de plateformes, mais ciblera celles qui utilisent des algorithmes addictifs, conçus pour générer des profits et ayant des effets nocifs sur les jeunes. Andreas Babler a dénoncé un monde où les enfants sont livrés à eux-mêmes, confrontés à des idéaux de beauté irréalistes, à la glorification de la violence, à la désinformation et à des manipulations. Les trois partis au gouvernement n’ont pas encore trouvé d’accord sur la méthode de vérification à mettre en place.

Une expérience de trois semaines sans téléphone

Pour justifier cette décision, le gouvernement s’appuie sur une expérience menée par le ministère de l’Éducation au cours de laquelle 72 000 élèves et leurs familles ont passé trois semaines sans téléphone portable. Le ministre libéral de l’Éducation, Christoph Wiederkehr, a indiqué vendredi que les retours étaient positifs. Pour beaucoup d’élèves, cette pause a été une véritable expérience de sevrage, et ils ont pris conscience des effets néfastes de leur consommation excessive.

Par ailleurs, le gouvernement prévoit d’introduire une nouvelle matière obligatoire, « Médias et démocratie », pour apprendre aux élèves à distinguer le vrai du faux et à reconnaître les tentatives d’influence antidémocratiques.

Mais l’annonce a suscité des critiques. Le défenseur des droits des mineurs, Sebastian Öhner, estime qu’il faut plutôt obliger les plateformes algorithmiques à assumer leurs responsabilités. Le parti d’extrême droite FPÖ a, lui, dénoncé un « assaut frontal contre la liberté d’expression ».

Plusieurs pays européens, dont la France, l’Espagne et le Danemark, ont déjà annoncé leur intention d’instaurer une majorité numérique pour les réseaux sociaux.

Aux États-Unis, Meta et Google ont été condamnés mercredi par un tribunal de Los Angeles pour avoir contribué à la dépression d’une adolescente via Instagram et YouTube. Les deux géants ont été reconnus responsables de ne pas avoir suffisamment averti les jeunes utilisateurs des risques de surconsommation, alors qu’ils avaient conscience du danger. Mardi, un autre jury au Nouveau-Mexique avait déjà condamné Meta pour mise en danger de mineurs sur Facebook et Instagram.

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