Le 24 mai 2026, jour de l’investiture de Romuald Wadagni, un détail du protocole attire l’attention. Plutôt que les 21 coups de canon hérités des traditions occidentales, ce sont 12 salves qui retentiront. Une rupture assumée, un geste fort au service d’une symbolique intégralement béninoise.
Alors que les préparatifs de l’investiture du nouveau président béninois battent leur plein, un élément du cérémonial ne cesse de faire parler. Il s’agit du nombre de détonations prévues. Fini les 21 coups de canon hérités des traditions occidentales. Place à 12 salves, une évolution que les amateurs de protocole n’ont pas manqué de relever.
21 coups pour la France, 12 coups pour le Bénin
Interrogé sur cette modification, Gilles Badet, ancien secrétaire général de la Cour constitutionnelle, est sans équivoque. « Les 21 coups de canon, c’était un héritage lié à la France. Aujourd’hui, nous en tirons 12, un pour chacun de nos 12 départements », a-t-il expliqué. D’après l’explication, le Bénin réécrit ses rituels à l’aune de sa propre géographie administrative et non plus d’un héritage extérieur.
Ce changement, déjà amorcé lors de la précédente investiture, confirme une tendance de fond, celle d’une affirmation identitaire croissante dans les grandes cérémonies républicaines. Au-delà du symbole, c’est une manière de rappeler que le protocole, loin d’être figé, peut évoluer pour mieux refléter les réalités nationales.
Un timing parfaitement synchronisé
Sur le plan pratique, le déclenchement des coups de canon répond à une logique millimétrée. Ils retentissent au moment précis où le président élu commence sa prestation de serment devant la Cour constitutionnelle. Chaque salve s’enchaîne ensuite en rythme, ponctuant la lecture du serment jusqu’à la dernière détonation.
Le choix des 12 coups de canon, désormais bien ancré, devrait donc être maintenu pour l’investiture du 24 mai 2026. Un pari symbolique qui transforme un simple détail de mise en scène en véritable déclaration d’indépendance cérémonielle.
