Au Bénin, le Dôme du Sofitel Marina Hôtel de Cotonou a servi de cadre, ce lundi 16 février 2026, à la cérémonie d’ouverture des 21es Assises statutaires de l’Association Africaine des Hautes Juridictions Francophones (AA-HJF). Couplées à un colloque international sur le thème « La protection juridictionnelle des droits fondamentaux en contexte de crises sécuritaires », ces rencontres réunissent présidents et membres des hautes juridictions africaines, experts internationaux, universitaires et représentants d’organisations partenaires, dont l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).
C’est la Cour suprême du Bénin, dont le président Victor Dassi Adossou assure la présidence du Bureau du Conseil d’administration de l’AA-HJF, qui accueille ces assises. Dans son allocution de bienvenue, il a rappelé l’histoire de l’association, née il y a plus de 27 ans sous le nom de Centre International de Conférence de Cotonou, devenue après les assises de Bamako en 2006 l’AA-HJF. Il a rendu hommage aux pionniers (Abraham Zinzindohoué, Christine Desouches, Noël Gbaguidi et Robert Dossou) qui ont posé les jalons de cette institution.
Le thème choisi pour ce colloque n’a rien d’anodin. Face à l’aggravation de la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest et au Sahel, les magistrats sont confrontés à un défi majeur, celui de préserver les droits fondamentaux lorsque l’État se sent en danger. Passassim Atade Nanguit, représentant de l’OIF, a insisté sur le rôle crucial de la justice comme ultime levier de stabilité dans un monde incertain. Il a réaffirmé l’appui de son organisation aux efforts des acteurs judiciaires africains pour renforcer l’État de droit et la sécurité sur le continent.
Au nom du président Patrice Talon, la vice-présidente Mariam Chabi Talata a accueilli les participants et rappelé que juges et magistrats doivent toujours trouver l’équilibre entre liberté et sécurité, principe essentiel de l’État de droit. Elle a exprimé le souhait que ces trois jours de colloque produisent des débats riches, inclusifs et inspirants, qui contribuent à bâtir une justice africaine moderne, souveraine et respectée. L’objectif est de renforcer les pratiques judiciaires, partager les expériences et promouvoir des institutions qui assurent équité, crédibilité et confiance aux citoyens.
Pendant trois jours, les plus hauts magistrats du continent francophone plancheront donc sur cette question majeure, à mi-chemin entre l’exigence de protection des citoyens et la préservation des libertés publiques. Un exercice d’équilibriste, à l’image des défis que traverse la région.
