Bénin : des cadres LD plaident pour le maintien de Boni Yayi à la tête du parti

Au Bénin, plusieurs cadres influents du parti Les Démocrates ont rencontré ce mardi 10 mars 2026, l’ancien président Thomas Boni Yayi. L’objectif de cette délégation est de le convaincre de revenir sur sa décision de démission et de rester à la tête du parti jusqu’au prochain congrès, prévu vers la fin de l’année.

Selon des sources internes au LD, ces caciques du parti souhaitent freiner l’ascension d’Éric Houndété et redoutent qu’il ne prenne le contrôle de la formation politique avant la tenue du congrès. Le maintien de Boni Yayi est donc pour eux, un moyen de garantir une transition encadrée et de préserver l’équilibre entre les différentes factions.

Pour rappel, l’ancien chef de l’État, âgé de 73 ans, avait officialisé son départ de la présidence du parti par une lettre datée du 3 mars 2026. Invoquant « des raisons de santé » et son souhait de « consacrer cette nouvelle étape de sa vie au repos », il avait confié la direction du parti aux vice-présidents et aux instances dirigeantes dans l’attente du prochain congrès.

Dès le lendemain, le comité permanent du parti, réuni en urgence au siège de Cotonou, avait refusé d’entériner ce départ. « Il s’agit de la personnalité la plus importante du parti Les Démocrates, avait expliqué Guy Mitokpè, secrétaire à la communication. À ce titre, nous ne pouvons pas dire, au moment où je vous parle, que nous prenons acte. Il faut impérativement qu’une délégation puisse aller le voir et discuter avec lui », avait réagi le comité.

Des luttes d’influence sous-jacentes

La rencontre de ce mardi confirme que les discussions se poursuivent en coulisses. Si les raisons de santé avancées par Boni Yayi sont réelles, les observateurs s’accordent à dire que son départ coïncide avec une période de tensions et d’incertitudes au sein du parti.

Le parti sort en effet affaibli de plusieurs échecs électoraux. Aucun siège obtenu aux législatives du 11 janvier, et une absence contrainte à la présidentielle du 12 avril après le rejet de la candidature de Renaud Agbodjo. Dans ce contexte, la question de la succession de l’ex-président à la tête du mouvement devient un enjeu majeur.

Certains cadres historiques verraient d’un mauvais œil l’accession trop rapide d’Éric Houndété, figure montante du parti, aux commandes. Le maintien temporaire de Boni Yayi permettrait de préparer une transition plus progressive et d’éviter une guerre de succession ouverte.

Le prochain congrès, attendu vers la fin de l’année, devra trancher. Mais d’ici là, l’ombre de Boni Yayi plane toujours sur les Démocrates, tiraillés entre la nécessité de se réinventer et la difficulté à s’émanciper de leur leader historique.

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