La crise de leadership qui divise le parti d’opposition béninois, Les Démocrates, connaîtra un nouveau tournant judiciaire le 18 juin 2026. La Cour d’appel de Cotonou examinera le recours introduit par Éric Houndété contre la décision ayant confirmé Nourénou Atchadé à la tête du parti.
L’affaire trouve son origine dans le Conseil national du 22 mars 2026, au cours duquel Nourénou Atchadé a été désigné président des Démocrates. Une décision immédiatement contestée par Éric Houndété, alors président par intérim de la formation politique, qui estimait que la procédure utilisée violait les textes internes du parti.
Saisi du dossier, le tribunal de première instance de Cotonou avait rendu sa décision le 29 avril 2026 en faveur du camp Atchadé. Les juges avaient validé l’élection contestée, considérant notamment que la grande majorité des participants présents lors du Conseil national avait approuvé la désignation du nouveau président.
Les avocats de Nourénou Atchadé avaient alors fait valoir que 86 délégués sur une centaine avaient soutenu son élection, malgré le retrait d’Éric Houndété et de ses partisans des travaux.
Débouté en première instance, Éric Houndété a décidé de poursuivre la bataille judiciaire en faisant appel de la décision. Ses conseils continuent de dénoncer des irrégularités procédurales et demandent l’annulation du processus ayant conduit à la désignation de Nourénou Atchadé.
L’audience du 18 juin s’annonce donc déterminante pour l’avenir du parti. La Cour d’appel devra dire si la décision rendue en première instance doit être confirmée ou si les arguments du camp Houndété justifient une remise en cause de la procédure.
Au-delà de la question juridique, cette affaire revêt un enjeu politique majeur pour Les Démocrates, principale force d’opposition au Bénin. Le verdict attendu pourrait soit conforter définitivement l’autorité de Nourénou Atchadé à la tête du parti, soit rouvrir le débat sur sa direction et prolonger les tensions internes qui traversent la formation depuis plusieurs mois.
