Le parti d’opposition béninois, Les Démocrates, a tenu un conseil national extraordinaire le samedi 4 avril à Cotonou, alors que la formation traverse une grave crise interne. Convoquées à la suite de la défection de plusieurs membres influents partis soutenir le candidat de la majorité sortante pour la présidentielle du 12 avril, ces assises avaient pour objectif de remplacer les démissionnaires, rappeler les consignes de vote et remobiliser les troupes.
Une clarification sur la position du parti
Les Démocrates, dont le candidat a été exclu du scrutin par la Commission électorale nationale autonome (Cena) pour dossier irrecevable, ont réaffirmé leur position. Ils invitent leurs militants à ne soutenir aucun des deux duos en lice, celui conduit par Romuald Wadagni pour la majorité sortante et celui mené par Paul Hounkpè pour l’opposition. Toutefois, cette directive ne signifie pas un appel au boycott du scrutin, précise la résolution adoptée.
« Les Démocrates constatent avec regret l’utilisation frauduleuse de leurs attributs par des individus ou groupes de personnes pour lancer des appels au boycott des prochaines élections. À ce jour, aucune déclaration de boycott n’a été prise par une instance du parti », a souligné un membre de la direction.
La formation se félicite par ailleurs de retrouver certaines de ses revendications majeures dans les professions de foi des candidats. « C’est un motif de satisfaction de voir qu’aujourd’hui, l’ensemble de la classe politique s’accorde sur la pertinence de nos luttes : les libertés individuelles, le social, la démocratie, l’état de droit », a poursuivi la même source.
Des cadres suspendus
Le conseil national a également entériné la suspension des membres démissionnaires du parti, coupables d’avoir violé les résolutions du 22 mars en soutenant l’un des deux candidats. Parmi eux figurent Chabi Yayi, fils du père fondateur des Démocrates, Éric Houndété, le numéro deux du parti, et Guy Mitokpè, le porte-parole, qui se sont ralliés au candidat de la majorité.
La crise interne, qui oppose désormais les dissidents devant les tribunaux, reste profonde, mais le parti dit vouloir rester vigilant sur la mise en œuvre des engagements des candidats.

