Le président béninois Romuald Wadagni a effectué ce mardi une visite de travail à Niamey où il s’est entretenu avec son homologue nigérien Abdourahamane Tiani. Cette rencontre, très attendue entre les deux pays, a permis aux deux chefs d’État d’aborder plusieurs dossiers stratégiques qui touchent à la sécurité, à l’économie et à la coopération transfrontalière.
Selon nos informations, la situation sécuritaire dans le Sahel occuperait une place centrale dans les discussions. Confronté à la montée des attaques de groupes armés, le Niger demeure l’un des pays les plus exposés à la menace terroriste. Cette insécurité a des répercussions sur le nord du Bénin, où les autorités font face à des incursions de groupes extrémistes. Les deux dirigeants ont échangé sur les moyens de renforcer la coopération sécuritaire.
Le deuxième sujet majeur a concerné le pipeline Niger-Bénin, infrastructure stratégique pour les économies des deux pays. Mis en service pour permettre l’exportation du pétrole nigérien à travers le territoire béninois jusqu’au terminal de Sèmè-Kpodji, ce projet représente un enjeu économique important aussi bien pour Niamey que pour Cotonou. Les deux chefs d’État ont évoqué les perspectives de consolidation de ce partenariat énergétique ainsi que les conditions favorables à la poursuite des activités liées à l’exploitation et à l’acheminement du brut nigérien.
La question de la frontière fermée côté nigérien depuis 2023 a également figuré au centre des échanges. Cette fermeture, décidée dans un contexte de tensions diplomatiques régionales, continue d’affecter les populations vivant de part et d’autre de la frontière ainsi que les échanges commerciaux entre les deux pays. Romuald Wadagni et Abdourahamane Tiani ont discuté des voies permettant de favoriser une normalisation progressive des relations et de créer les conditions d’une reprise plus fluide des activités économiques transfrontalières.
À travers cette rencontre, les deux dirigeants affichent leur volonté de maintenir le dialogue sur des questions essentielles pour les intérêts de leurs pays et pour la stabilité de l’Afrique de l’Ouest. Les conclusions de ce tête-à-tête pourraient ainsi ouvrir la voie à un nouveau chapitre dans les relations entre Cotonou et Niamey.
