À peine lancé dans la course à la présidentielle, Romuald Wadagni, désigné candidat de la majorité présidentielle, s’est livré à un entretien avec Jeune Afrique, où il évoque sans détour son projet de société et ses relations avec le président sortant Patrice Talon.
Selon lui, sa candidature n’était pas préméditée. Elle résulte d’une décision collective au sein de la majorité présidentielle, après l’annonce du retrait de Patrice Talon. « Si j’avais planifié d’être chef de l’État, j’aurais suivi un tout autre parcours », précise-t-il, avec l’accent mis sur un engagement guidé par le sens du devoir plutôt que par une ambition personnelle. La décision de briguer la magistrature suprême, ajoute-t-il, est née du contexte politique et de la nécessité d’assurer une transition organisée.
Romuald Wadagni se veut également rassurant sur le retrait effectif de Patrice Talon. Il affirme que l’ancien président ne sera pas un « président de l’ombre » et qu’aucune tutelle ne sera exercée sur la gouvernance. « Fidèle à ses principes, Patrice Talon se retirera pleinement après l’investiture de son successeur », assure-t-il, tout en reconnaissant que l’ancien chef de l’État restera attentif aux grandes orientations du pays.
Le candidat met en avant la confiance et la proximité qui le lient à Patrice Talon. « J’ai pour lui un profond respect et une sincère admiration. C’est un homme capable de discuter de n’importe quel sujet comme s’il en était expert, avec une capacité de travail et une faculté d’anticipation hors normes », témoigne-t-il. Il décrit leur collaboration comme une relation « père-fils », caractérisée par un contact permanent et une confiance mutuelle.
L’entretien aborde également le parcours personnel de Romuald Wadagni, ses ambitions et sa désignation au sein de la majorité. Il revient sur ses rapports avec les anciens présidents du pays et avec des personnalités politiques comme Joseph Djogbénou, soulignant la continuité et la cohérence dans sa démarche politique.
Par cette candidature, Romuald Wadagni se positionne comme le garant d’une gouvernance de continuité, et affirme son autonomie et sa capacité à porter son propre projet. La présidentielle du 12 avril s’annonce ainsi comme un test majeur pour sa crédibilité et sa capacité à conjuguer héritage politique et ambition personnelle.

