Augmenter les prix sans autorisation, c’est s’exposer à des sanctions. Les autorités burkinabè l’ont fait comprendre à 17 sociétés de transport routier de voyageurs qui ont écopé de lourdes sanctions pour avoir augmenté leurs tarifs sans autorisation. Les entreprises concernées doivent s’acquitter de pénalités pouvant atteindre 26,25 millions de FCFA et revenir aux tarifs appliqués avant les hausses intervenues en août 2026.
Selon un arrêté conjoint pris par les autorités burkinabè, les amendes infligées aux transporteurs vont de 1,05 million à 26,25 millions de FCFA. Leur montant est calculé en fonction des recettes supplémentaires générées par les augmentations jugées irrégulières.
Les sociétés concernées disposent de 72 heures à compter du 31 août pour régler les sommes dues au Trésor public. En cas de retard, la pénalité est majorée de 10 % par jour supplémentaire.
Au-delà d’un mois sans paiement, l’entreprise concernée s’expose à une suspension de ses activités de transport de voyageurs sur l’ensemble du territoire national. Les autorités exigent également le retour aux tarifs pratiqués avant le 21 août 2026. Tout refus d’appliquer cette mesure peut également entraîner une suspension d’activité.
Les transporteurs, déjà confrontés à la hausse de leurs coûts d’exploitation, voient cette décision tomber. Depuis le 10 août 2026, le prix du gasoil au Burkina Faso est passé de 675 à 750 FCFA le litre, soit une hausse de 75 FCFA. Cette augmentation pèse directement sur les charges des compagnies de transport, auxquelles s’ajoutent les dépenses liées à l’entretien des véhicules, aux pneumatiques, aux pièces de rechange, aux salaires et aux assurances.
Face à cette situation, certaines entreprises ont relevé leurs tarifs afin de compenser l’augmentation de leurs coûts. Les autorités considèrent toutefois que ces hausses ne peuvent être appliquées sans autorisation préalable.
Un équilibre difficile à trouver
Au-delà des sanctions, cette situation relance le débat sur l’encadrement des tarifs du transport routier. Les compagnies doivent pouvoir préserver l’équilibre économique de leurs activités, tandis que les voyageurs doivent être protégés contre des augmentations brutales des prix.
Un mécanisme de révision des tarifs basé sur l’évolution du prix du carburant et des principales charges pourrait permettre de mieux anticiper ces situations. Les hausses seraient alors examinées sur la base de données vérifiables et dans le cadre d’un dialogue entre les autorités, les transporteurs et les représentants des consommateurs.
Pour l’heure, le gouvernement burkinabè maintient sa position. Les tarifs réglementaires doivent être respectés et aucune augmentation unilatérale ne peut être appliquée.
