Le Burkina Faso rend un dernier hommage à Jean-Marc Palm, décédé le 14 mai 2026 à l’âge de 75 ans. Les obsèques de cet universitaire reconnu et ancien homme d’État ont débuté ce dimanche 17 mai 2026.
Originaire du sud-ouest du pays, Domba Jean-Marc Palm était avant tout un enseignant-chercheur respecté. Docteur en histoire politique et sociale de l’Afrique de l’Ouest, il a consacré près de quatre décennies à la recherche au sein du Centre national de recherches scientifique et technologique (CNRST) à Ouagadougou, où il a exercé jusqu’à sa retraite en 2014 comme directeur de recherche.
Auteur de sept ouvrages et de plus de soixante publications scientifiques, il laisse derrière lui une importante contribution intellectuelle sur les réalités politiques et sociales du Burkina Faso et de la sous-région.
Mais au-delà de son parcours académique, Jean-Marc Palm reste étroitement lié à l’histoire politique contemporaine du pays. Après le coup d’État du 15 octobre 1987 (assassinat du président Thomas Sankara), il avait été nommé ministre des Relations extérieures par Blaise Compaoré.
À cette époque, il avait notamment effectué une mission diplomatique en France pour présenter la version officielle des événements ayant conduit au changement de pouvoir. Lors du procès Sankara en 2021, il avait expliqué avoir voulu « expliquer ce qui est arrivé le 15 octobre et non le justifier ».
Au fil des années, il a également occupé plusieurs fonctions institutionnelles importantes, notamment au sein du Conseil économique et social, avant de présider le Haut Conseil du dialogue social entre 2018 et 2023. Plus récemment, il avait rejoint le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP), le parti de l’ancien président Roch Marc Christian Kaboré, où il occupait un poste de vice-président chargé des relations politiques.
Les hommages se multiplient depuis l’annonce de sa disparition. L’écrivain Baba Hama a salué la mémoire d’un homme dont « les écrits précieux demeurent des repères pour comprendre les réalités socio-politiques du Burkina ».
Avec sa disparition, le Burkina Faso perd à la fois un intellectuel influent et un témoin clé de plusieurs pages majeures de son histoire politique récente.
