Burkina Faso : des tirs entendus dans la nuit à proximité de la présidence

Plusieurs coups de feu ont été entendus aux alentours de la présidence du Faso, dans la nuit du samedi 28 février au dimanche 1er mars. L’hypothèse de la tentative de coup d’État a été rapidement écartée. L’incident pourrait être lié à des « tensions entre les militaires sur la gestion de la situation sécuritaire » dans le pays, où plusieurs positions de l’armée ont été attaquées par des groupes jihadistes ces dernières semaines.

Peu après minuit, des détonations ont été entendues à Ouagadougou, conduisant les « Wayiyans » (les soutiens du régime militaire du capitaine Ibrahim Traoré), qui pensaient assister à une tentative de coup d’État, à lancer une alerte. Ils sont revenus sur celle-ci un peu plus tard, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux.

« Tout serait parti d’un tir sur un véhicule dans lequel était entreposé des produits inflammables », explique une source sécuritaire à RFI. L’incendie qui s’est déclenché a ensuite brûlé au moins six autres véhicules stationnés au niveau de la présidence, avant d’être maîtrisé par les pompiers dépêchés sur place.

Si la présidence du Faso n’a pas communiqué sur cet incident, la même source estime qu’il est lié à des « tensions entre les militaires sur la gestion de la situation sécuritaire ». Des officiers, des sous-officiers et des chefs de corps, qui étaient attendus pour une rencontre dans la capitale, n’ont pas répondu à la convocation, affirment d’autres sources.

Ces dernières semaines, plusieurs positions des forces armées burkinabè ont été prises pour cible par des groupes armés terroristes. Depuis le 14 février, le groupe JNIM (affilié à Al-Qaïda) a revendiqué une série d’attaques à travers différentes régions du pays. L’attaque la plus meurtrière a visé la base militaire de Titao le 15 février, où des dizaines de soldats auraient été tués. Une autre embuscade a coûté la vie à environ 50 agents des eaux et forêts à Tandjari. Plus de 130 personnes, soldats, supplétifs civils et combattants du JNIM, auraient été tuées dans ces affrontements.

Le gouvernement et l’état-major général des armées n’ont pas communiqué sur le bilan de ces attaques. Contactés, les habitants de Ouagadougou déclarent vaquer à leurs occupations sans remarquer de dispositif sécuritaire particulier.

Le Burkina Faso est dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir lors d’un coup d’État en septembre 2022. Il a survécu à plusieurs tentatives de déstabilisation, dont une tentative de coup d’État déjouée début janvier 2026, attribuée à l’ancien dirigeant Paul-Henri Damiba. Le pays fait face à une insécurité chronique liée aux groupes jihadistes, qui a forcé des millions de personnes à quitter leurs foyers.

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