jeudi 8 janvier 2026

Burkina Faso : Lomé impliqué dans le complot présumé de coup d’Etat de Damiba ?

Les relations entre le Burkina Faso et le Togo traversent un épisode de forte tension, révélateur des fragilités politiques dans la région. Le 3 janvier 2026, le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, annonce qu’une tentative de coup d’État a échoué. Le gouvernement accuse Paul-Henri Sandaogo Damiba, ancien président de la transition, d’être l’instigateur de cette opération.

Damiba, renversé par un putsch et réfugié au Togo, devient aux yeux de Ouagadougou un risque direct. La capitale burkinabè le considère comme une base arrière potentielle pour des manœuvres hostiles. Le ministre pointe également la Côte d’Ivoire. Il affirme que certains fonds de cette tentative de déstabilisation proviennent du pays dirigé par Alassane Ouattara. Ces accusations soulèvent des questions sur la crédibilité des informations et sur l’usage politique de ce dossier pour justifier une pression régionale accrue.

Le contexte régional rend la situation encore plus préoccupante. L’Afrique de l’Ouest fait face à des groupes armés et à des conflits transfrontaliers récurrents. Dans ce climat, chaque accusation contre un pays voisin peut amplifier les tensions et fragiliser davantage la diplomatie locale. Certains analystes dénoncent une instrumentalisation politique de la menace, qui pourrait masquer des problèmes internes au Burkina Faso.

Ni le Togo ni la Côte d’Ivoire ne répondent officiellement aux accusations. Cette absence alimente les spéculations et nourrit le risque d’escalade inutile. La communauté internationale et la CEDEAO observent la situation, mais leur action reste limitée, et met en évidence l’absence d’instruments efficaces pour anticiper et gérer les crises diplomatiques dans la région.

Cette affaire expose la fragilité de la gouvernance burkinabè et la faiblesse des mécanismes de coopération ouest-africains. La dépendance aux accusations et aux déclarations publiques pour gérer la sécurité révèle des stratégies imprévisibles qui pourraient déstabiliser toute la sous-région. Alors qu’Ouagadougou renforce ses mesures de sécurité intérieure, la tension avec ses voisins risque de perdurer.

Au-delà des accusations, cette crise révèle le besoin urgent d’une diplomatie plus transparente et de mécanismes régionaux crédibles. Sans réformes concrètes et dialogue véritable, chaque incident politique risque de se transformer en crise majeure qui fragilise la sécurité et la paix en Afrique de l’Ouest.

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