Burkina Faso : quatre ans après, Ibrahim Traoré défend sa stratégie contre le terrorisme

À trois jours du quatrième anniversaire de son arrivée au pouvoir, le capitaine Ibrahim Traoré s’est exprimé devant la presse, dimanche 27 septembre. Sécurité, lutte contre la vie chère, relations avec la France et avenir de l’Alliance des États du Sahel (AES) figuraient parmi les principaux sujets abordés.

L’homme fort de Ouagadougou revendique des avancées après quatre années à la tête du Burkina Faso. Lors de son entretien diffusé par la télévision nationale, le président Burkinabè est revenu sur les principales orientations de son pouvoir, à l’approche de l’anniversaire du coup d’État du 30 septembre 2022.

Sur le plan sécuritaire, Ibrahim Traoré a mis en avant les opérations menées par les forces burkinabè contre les groupes armés. Il a affirmé que plusieurs territoires avaient été reconquis au cours de son mandat.

Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte où la lutte contre les groupes jihadistes reste un défi majeur pour le pays. Le chef de l’État a défendu les efforts de réorganisation et de renforcement des capacités de l’armée, sans que ses déclarations suffisent, à elles seules, à établir l’évolution globale de la situation sécuritaire.

La vie chère et la lutte contre la spéculation

La hausse des prix des produits de grande consommation a également occupé une place importante dans les échanges. Face aux préoccupations des consommateurs, le dirigeant a promis de sévir contre les commerçants accusés de spéculation.

Il a notamment dénoncé des pratiques qu’il considère comme des tentatives de déstabilisation de son pouvoir, accusant certains acteurs économiques de provoquer des pénuries artificielles et d’alimenter la hausse des prix. Ces accusations ont été formulées par le chef de l’État au cours de l’entretien.

Sur le plan diplomatique, Ibrahim Traoré a plaidé pour une coexistence entre l’AES, qui regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger, et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Les relations avec la France restent, en revanche, marquées par une rupture assumée par les autorités burkinabè. Concernant l’Union européenne, le capitaine Traoré a laissé entendre qu’une rupture pourrait également être envisagée si les tensions persistaient. Il a notamment critiqué les prises de position de certains parlementaires européens.

L’avenir institutionnel en question

Interrogé sur la possibilité d’un départ du pouvoir à l’issue d’une éventuelle élection présidentielle, Ibrahim Traoré a renvoyé la question au futur cadre constitutionnel. Selon lui, une nouvelle Constitution devra préciser les conditions d’organisation d’un scrutin présidentiel et les modalités du mandat.

À l’approche de ses quatre années au pouvoir, le dirigeant met ainsi en avant les orientations sécuritaires, économiques et diplomatiques de son gouvernement. L’évolution de la situation sur le terrain, les effets des mesures contre la vie chère et les modalités du retour à un ordre constitutionnel restent des enjeux majeurs pour le Burkina Faso.

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