Au Cameroun, le président national du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, a pris la parole ce 3 avril 2026 pour dénoncer ce qu’il qualifie de « coup d’État constitutionnel et institutionnel » orchestré par le régime du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Dans une déclaration vidéo, l’opposant s’oppose fermement au projet de loi instaurant un poste de vice-président de la République, qu’il juge être une manœuvre pour confisquer le pouvoir et perpétuer le système Biya.
Dans son adresse aux Camerounais, l’ancien candidat à la présidentielle dresse un constat alarmant. Selon lui, aucune institution nationale ou locale désignée par voie d’élection n’est aujourd’hui légitime. L’élection présidentielle d’octobre 2025 est « gravement contestée », les députés ne sont plus issus du suffrage populaire, et les conseillers municipaux ont transmis leur illégitimité aux conseillers régionaux. « Sous des dehors de tranquillité et de stabilité, notre pays connaît une crise politique et institutionnelle sans précédent. Aujourd’hui le roi est nu », assène-t-il.
Un projet qui instaurerait une « monarchie républicaine »
Kamto s’attaque au projet de révision constitutionnelle qui prévoit la création d’un poste de vice-président nommé par le chef de l’État, sans élection. Il y voit une « passerelle constitutionnelle » permettant à un individu n’ayant jamais exercé de mandat électif de devenir président de la République, puis de nommer à son tour un vice-président. « Ce n’est pas une régression, c’est un naufrage constitutionnel et politique. Le Président en fonction installe une monarchie républicaine d’assise constitutionnelle, à la dynastie héréditaire ou népotiste », dénonce-t-il.
L’opposant rappelle que cette tentation de transmission du pouvoir « de gré à gré » s’était déjà manifestée dès 2018, avec un décret accordant une délégation de signature permanente au secrétaire général de la présidence. « Dès 2018, le Président de la République en fonction savait qu’il n’était plus apte à diriger le pays. Pourtant il a volé la victoire », affirme-t-il.
Appel à la pétition et à la vigilance
Maurice Kamto appelle les parlementaires à ne pas voter ce texte qui « détruit les fondements constitutionnels de la République ». Il annonce le lancement d’une pétition en ligne pour permettre aux Camerounais, « sans considération de bord politique », d’exprimer leur rejet du projet. « Nous devons empêcher le malheur politique qui frappe notre pays de prospérer. Le jour se lèvera sur notre pays », conclut-il.

