Au Cameroun, le journaliste Souley Onohiolo attire l’attention avec une forme de protestation aussi symbolique qu’inhabituelle. Depuis novembre 2025, il a décidé de ne plus se raser tant qu’un nouveau gouvernement ne sera pas formé dans son pays.
Connu jusque-là pour son apparence soignée et sa célèbre barbichette, le chroniqueur du quotidien Le Messager affiche désormais une longue barbe blanchâtre qui transforme complètement son visage. Un choix assumé, qu’il présente comme un acte de contestation silencieuse face à l’absence de remaniement gouvernemental.
« Depuis le 6 novembre 2025, aucun matériel coupant n’est passé ni sur mon crâne, ni sur ma barbe », confie-t-il dans un reportage relayé par RFI.
Au pouvoir depuis 2019, l’actuel gouvernement camerounais n’a toujours pas été renouvelé malgré plusieurs annonces du président Paul Biya évoquant un remaniement imminent.
Selon Souley Onohiolo, ce qui ressemblait au départ à une démarche personnelle a progressivement pris une dimension publique. Son défi suscite désormais de nombreuses réactions au Cameroun, où certains y voient une critique indirecte de la lenteur politique du pouvoir.
Le journaliste espère particulièrement une annonce avant la fête nationale du 20 mai, une date symbolique au Cameroun. Il affirme vouloir voir le chef de l’État apparaître ce jour-là avec une nouvelle équipe gouvernementale.
En attendant, le barbier devra patienter. Souley Onohiolo assure qu’il ne touchera ni à sa barbe ni à ses cheveux tant que le changement annoncé ne sera pas effectif.
