Le ministre d’État chargé de l’Économie était jusqu’ici connu pour son profil de « technocrate », un homme de dossiers bien plus que de meetings populaires. Pendant dix ans, Romuald Wadagni s’est fait discret sur la scène politique populaire, rarement aperçu dans les manifestations ou les grands rassemblements publics.
Cependant, depuis le début de la campagne électorale il y a sept jours, les électeurs béninois constatent avec surprise que Romuald Wadagni n’est plus tout à fait celui qu’ils croyaient connaître. Celui qui se révèle au fil des meetings est un candidat visiblement en phase avec les populations qui n’hésite pas à aller au contact des populations pour toucher du doigt leur réalité.
Loin de l’image du ministre en costume
À écouter les discours prononcés sur les estrades, une évidence s’impose. Le candidat sympathique, drôle et proche des gens ne ressemble en rien au ministre élégant en costume trois-pièces, dont chaque parole est toujours pesée. Ce contraste saisissant révèle une réalité simple. L’austérité que l’homme public affiche par nécessité professionnelle ne le réduit pas nécessairement au cliché que certains voudraient lui coller. Et c’est manifestement le cas. Sur les marchés, dans les villes et les villages qu’il traverse, on découvre un candidat qui prend visiblement son pied, qui rit, qui échange, qui se moque gentiment de ses propres travers.
Contre toute attente, ceux qui misaient sur sa timidité ou sa réserve en ont été pour leurs frais. Loin d’être mal à l’aise, Romuald Wadagni semble au contraire s’épanouir dans cet exercice pourtant périlleux qu’est la campagne présidentielle. Il y a chez lui une énergie nouvelle, une flamme qu’on ne lui connaissait pas. Un Romuald Wadagni passionné mène campagne, visiblement heureux d’être là, au contact des populations, et de jouer pleinement son rôle de prétendant à la magistrature suprême. Un jeu dans lequel il s’épanouit et qui surprend autant qu’il séduit.

