Après plus d’une décennie de retrait, de divisions internes et de départs de cadres, le Kwa Na Kwa (KNK) tente de reprendre sa place dans le paysage politique centrafricain. Le parti fondé par l’ancien président François Bozizé affirme vouloir reconstruire ses structures et préparer son retour dans la course au pouvoir.
Créé autour de François Bozizé, qui a dirigé la Centrafrique de 2003 à 2013, le KNK a connu une longue période de turbulences après la chute de son fondateur. Plusieurs responsables ont quitté le parti, tandis que les tensions internes ont progressivement affaibli son organisation.
Depuis octobre 2025, les dirigeants du KNK disent avoir engagé une nouvelle dynamique. Ils veulent réactiver les structures locales, renforcer la présence du parti dans les différentes préfectures et mettre fin aux querelles internes. L’objectif est de présenter une formation plus organisée et plus unie, capable de renouer avec ses militants et de se préparer aux prochains rendez-vous politiques.
Le retour au pouvoir comme ambition
Le président par intérim du KNK, Élie Ouéfio, assume clairement cette ambition. Pour lui, un parti politique doit avoir vocation à gouverner et à contribuer au développement du pays.
Après plusieurs années de faible activité, la nouvelle direction insiste ainsi sur l’unité, le dialogue et la mobilisation. Elle souhaite transformer la relance du KNK en véritable opération nationale, au-delà de Bangui.
Le défi reste considérable. Après deux élections générales sans participation, le parti doit retrouver des relais sur le terrain, convaincre d’anciens militants de reprendre leurs activités et attirer de nouveaux adhérents.
Il devra également démontrer sa capacité à fonctionner sans dépendre exclusivement de la présence de François Bozizé, toujours en exil en Guinée-Bissau.
Cette reconstruction intervient dans un environnement politique profondément transformé depuis 2013. Le président Faustin-Archange Touadéra a consolidé son pouvoir, tandis que l’opposition dénonce régulièrement un rétrécissement de l’espace politique.
François Bozizé, une figure toujours centrale
Malgré son exil, François Bozizé reste étroitement associé au KNK. Pour une partie de ses militants, l’ancien chef de l’État demeure la principale figure de référence du mouvement.
Cette situation constitue à la fois une force et une difficulté pour le parti. François Bozizé est actuellement jugé par contumace devant la Cour pénale spéciale à Bangui dans une affaire portant sur des crimes présumés commis entre 2009 et 2013. Sa défense conteste les accusations portées contre lui.
Le KNK devra donc renouer avec la vie politique tout en veillant à ce que les poursuites judiciaires contre son fondateur n’éclipsent son projet de société.
Pour l’instant, la nouvelle direction du KNK mise sur la reconstruction et le dialogue. Après treize années d’exil, de divisions et d’absence des urnes, le principal défi du parti sera de transformer ce retour en une présence pérenne sur la scène politique centrafricaine.
