Le président colombien Gustavo Petro a révélé mardi 10 février 2026 avoir réchappé à une tentative d’assassinat survenue la veille, lundi 9 février, lors d’un déplacement en hélicoptère. Dans un conseil des ministres diffusé en direct, le chef de l’État a raconté les circonstances de cet incident. Selon ses dires, l’appareil ne pouvait atterrir sur la côte caraïbéenne comme prévu, car son équipe de sécurité redoutait un tir contre l’hélicoptère.
« Nous avons pris le large pendant quatre heures et je suis arrivé là où cela n’était pas prévu, fuyant pour qu’on ne me tue pas », a expliqué Gustavo Petro, qui devait se rendre dans le département de Córdoba, dans l’ouest du pays.
Depuis plusieurs mois, Gustavo Petro affirme qu’une « nouvelle junte du narcotrafic » chercherait à mettre fin à sa vie. A l’en croire, ce présumé complot impliquerait des narcotrafiquants basés à l’étranger ainsi que des guérilleros locaux, dont Ivan Mordisco, principal chef de la dissidence des ex-FARC n’ayant pas signé l’accord de paix de 2016.
Le département de Córdoba est notamment le terrain d’action du Clan del Golfo, le plus puissant cartel de drogue du pays. La semaine dernière, ce dernier a suspendu les pourparlers de paix engagés en septembre au Qatar, en réaction à la décision conjointe de Petro et de son homologue américain Donald Trump de prioriser les opérations militaires contre trois chefs d’organisations criminelles, dont Chiquito Malo, à la tête du Clan del Golfo.
La deuxième tentative d’assassinat présumée
Premier président de gauche de l’histoire de la Colombie, Gustavo Petro avait déjà dénoncé en 2024 une tentative d’assassinat présumée. Le moment choisi pour cette annonce coïncide avec la montée de la violence politique, à trois mois du scrutin présidentiel, et à l’interdiction constitutionnelle pour le président sortant de briguer un nouveau mandat.
Cette tentative présumée confirme que les dirigeants colombiens subissent encore des menaces, dans un pays confronté aux défis des narcotrafiquants et des guérillas locales. Elle souligne également les défis sécuritaires auxquels le président Petro doit faire face, alors qu’il tente de combiner actions de paix et répression ciblée des cartels de drogue.
Si la Colombie reste engagée dans les négociations de paix et les actions militaires contre le crime organisé, cette affaire rappelle combien la sécurité des dirigeants reste précaire, et combien les tensions entre gouvernement et organisations criminelles peuvent se traduire par des risques immédiats pour la vie politique nationale.
