L’ancien ministre comorien des Affaires étrangères, Dhoihir Dhoulkamal, a été condamné par le tribunal judiciaire de Saint-Denis à deux ans de prison ferme pour fraude aux prestations sociales et escroquerie. La décision a été rendue le 29 mai 2026 en son absence, l’intéressé n’ayant jamais comparu devant la justice française.
Selon les éléments retenus par le tribunal, l’ancien chef de la diplomatie comorienne aurait perçu indûment près de 340 000 euros de prestations sociales entre 2010 et 2020. Les sommes concernées proviendraient notamment de la Caisse d’allocations familiales (CAF) et de la caisse de sécurité sociale de La Réunion.
Les enquêteurs reprochent à Dhoihir Dhoulkamal d’avoir déclaré une résidence principale à La Réunion alors qu’il vivait majoritairement aux Comores. Élu député en 2015 puis nommé ministre des Affaires étrangères, il aurait perçu des indemnités liées à ses fonctions politiques sans les déclarer aux autorités fiscales françaises.
Son épouse a également été reconnue coupable dans cette affaire. Le tribunal les a condamnés pour « fausse déclaration » et « escroquerie », estimant que plusieurs revenus n’avaient pas été déclarés alors qu’ils conditionnaient l’attribution des aides sociales.
L’enquête a connu plusieurs interruptions, notamment lorsque Dhoihir Dhoulkamal occupait des fonctions gouvernementales. Son statut de ministre lui conférait alors une immunité diplomatique qui compliquait les poursuites judiciaires.
Face à son absence persistante, la justice française a émis un mandat d’arrêt international à son encontre. Toutefois, l’exécution de cette mesure pourrait s’avérer complexe, la France et les Comores ne disposant pas d’accord d’extradition.
À ce jour, les autorités comoriennes n’ont pas officiellement réagi à cette condamnation, qui suscite néanmoins des interrogations sur le plan politique et judiciaire dans l’archipel.
