Le président sortant Denis Sassou Nguesso a été crédité de 94,82 % des suffrages exprimés à l’issue de l’élection présidentielle en République du Congo, selon des résultats provisoires annoncés mardi 17 mars 2026 par le ministre de l’Intérieur Raymond Zéphyrin Mboulou. Cette performance ouvre la voie à un cinquième mandat pour le dirigeant de 82 ans, sous réserve de validation par la Cour constitutionnelle.
D’après les chiffres officiels, le chef de l’État sortant totalise 2.507.038 voix, pour un taux de participation estimé à 84,65 %. Près de trois millions d’électeurs étaient appelés aux urnes sur l’ensemble du territoire.
Au pouvoir durant plus de quarante années cumulées, Denis Sassou Nguesso a dirigé le pays une première fois entre 1979 et 1992, avant de revenir à la tête de l’État en 1997, à la suite d’une guerre civile de quatre mois à Brazzaville. Le pays demeure un important producteur d’hydrocarbures en Afrique centrale.
Le scrutin s’est déroulé dans un dispositif sécuritaire renforcé. L’accès à Internet a été suspendu pendant la journée électorale, tandis que la circulation des véhicules a été interdite et de nombreux commerces fermés. Des patrouilles militaires et policières ont été déployées dans la capitale, notamment aux abords des bureaux de vote.
Plusieurs observateurs ont toutefois signalé une affluence limitée dans certains centres, en particulier à Brazzaville. La coupure du réseau Internet a également compliqué l’évaluation indépendante de la participation réelle.
L’opposition, qui conteste régulièrement les résultats des scrutins depuis 2002, a majoritairement boycotté cette élection, dénonçant des conditions non réunies pour un vote libre et transparent. Six autres candidats, peu connus du grand public, figuraient sur la liste électorale.
Par ailleurs, deux figures majeures de l’opposition, Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, restent détenues après leur condamnation à vingt ans de prison pour atteinte à la sécurité intérieure.
Si les résultats sont validés par la Cour constitutionnelle, Denis Sassou Nguesso pourrait rester au pouvoir jusqu’en 2031. La question de sa succession demeure néanmoins posée, dans un contexte où le chef de l’État affirme que « le tour des jeunes viendra ».

